Les multinationales imposent leur diktat au Sahara avec la complicité des autorités algériennes. il y a 761 jour Citation('1105502','1105502','5','9265')">Reporter spam

Depuis plus de trois ans de jeunes travailleurs se battent pour se faire
respecter par les patrons des multinationales qui ont fait du Sahara une zone
de non-droit. Avec la libéralisation de l’économie, des activités juteuses ont
été livrées à l’appétit vorace de capitalistes étrangers et d’affairistes
nationaux, pour la plupart des hauts-fonctionnaires en retraite (dorée) bien
introduits. Le pouvoir a trouvé l’astuce pour éviter la confrontation directe
avec les travailleurs : Sonatrach se désengage de beaucoup d’activités
déclarées « non-rentables ». Elle évite d’avoir à faire bénéficier
les travailleurs des aspects positifs de la convention qui la lie aux
travailleurs. Le délestage de ces activités vise tout simplement à réduire à
une portion insignifiante la part devant revenir aux travailleurs et à grossir
démesurément le gâteau des accapareurs et pilleurs du pays.
En réalité ces activités présentées comme « non-rentables »
rapportent gros à travers des surfacturations érigées en procédé
« homologué » de repartage des profits et de la rente pétrolière. il
s’agit très souvent de sociétés écrans qui cachent de massifs transferts de
devises à l’étranger. Des gens bien protégés se sucrent. Les multinationales
prennent leur part du dépeçage. En contrepartie le régime algérien s’assure au
plan international le soutien d’alliés qui peuvent l’épauler le jour où les
travailleurs se mettraient à secouer les chaînes du nouvel esclavage.
L’arrogance des multinationales face aux travailleurs ne puise sa force que de
la forfaiture d’un système étranger aux principes de justice sociale qui ont
mobilisé les travailleurs durant les premières années de l’indépendance.
Les textes qui suivent ont été puisés du site “http://campagne-eurest.blogspot.com...;.
Leur lecture est édifiante.
Le combat du syndicaliste Yacine Zaïd qu’Alger républicain s’honore d’avoir
reçu dans ses locaux doit être soutenu par toute personnes éprise de justice.
Licencié pour le simple fait d’avoir avoir défendu les travailleurs, et réclamé
comme strict minimum le respect de la réglementation sociale, il subit un
harcèlement judiciaire incessant. A ce jour la multinationale continue à le
traîner devant les tribunaux pour l’exemple, forte de l’argent amassé par
l’effroyable exploitation des travailleurs et de ses complices algériens haut
placés.
Les bases d’un rassemblement plus large contre l’exploitation capitaliste
sont en train de s’élargir. Les luttes qu’anime Yacine Zaïd et la grève de la
faim que mène de son côté pour la dignité et depuis des semaines, Meryem Mehdi,
autre victime d’une multinationale insatiable, y contribuent.
(N.B. : les titres et intertitres sont de la rédaction)
AR.
.
Le Sahara livré au pillage et à
l’arbitraire de nouveaux colons.
Dans les dunes à 850 kilomètres au sud est d’Algers, Eurest Support
Services, sous-traite la restauration et l’hébergement des ouvriers des champs
pétrolifères de Hassi Messaoud pour des compagnies telles que Schlumberger,
Halliburton, Repsol, BP, Ciepsa, Burlington … au total, une vingtaine de
multinationales.
La filiale de Compass renommée pour son implication dans le scandale des
achats des Nations Unies, emploie 1 900 salariés en Algérie. Comme partout dans
le monde, ils sont parmi les moins payés et les moins biens considérés. Les
salaires sont de l’ordre de 18 000 dinars par mois (environ 185 €). Mais ici,
le soir venu, on ne rentre pas chez soi. On est obligé de quitter sa famille
pour venir travailler dans la forteresse pétrolière où l’activité est continue,
jour et nuit. Les conditions d’hébergement, de nourriture et d’hygiène sont
déplorables. Insuffisamment de lits ou de couvertures à partager entre les
salariés au repos. Ceux qui assurent la relève sont obligés de passer à la
direction avant de connaître leur chantier d’affectation du jour. Mais au-delà,
ce sont les brimades et le mépris des expatriés de la direction qui sont les
plus intolérables.
Las de ces conditions, Yassine Zaid, 36 ans, Superviseur de Sécurité,
décide avec quelques camarades de créer une section syndicale d’entreprise.
ESS refuse catégoriquement de la reconnaître ou de la laisser se réunir
dans ses locaux. Elle est donc constituée le 21 décembre 2006 en toute légalité
dans les locaux de l’union locale de l’UGTA. Réunis en Assemblée Générale, les
adhérents élisent Yassine comme Secrétaire général de la section syndicale.
Employé modèle depuis quatre ans - il a reçu une prime de mérite la veille
de l’A.G. - à compter de ce jour, pour lui, les ennuis commencent. Eurest
refuse tout contact avec la section syndicale et déclare la guerre à son
Secrétaire général. Le directeur des opérations nie tous les droits de la
section syndicale et fait savoir aux employés, et plus spécialement aux plus
précaires d’entre eux, que ceux qui défendront leurs droits sociaux en payeront
le prix. Les courriers et les demandes d’entretien pour obtenir un bureau et un
panneau d’affichage pour la section syndicale restent lettre morte.
La répression anti-syndicale est foudroyante. La direction exerce des
pressions assimilables à du harcèlement moral visant à réduire au silence toute
expression sur le lieu de travail. Les plus vulnérables retirent leur soutien …
Appelés en vue de faire respecter les lois, deux Inspecteurs du travail
sont reçus par des insultes et l’arrogance. Ils dressent procès-verbal.
L’affaire doit être entendue prochainement devant les tribunaux. “Vous, les
Algériens, vous ne méritez pas l’indépendance !” lance le directeur
opérationnel, d’origine belge et de nationalité française, lors d’une soirée
dans les locaux de Schlumberger. Propos qui lui valent une interdiction de
séjour chez le client exigée par le syndicat de cette entreprise et des
poursuites en justice. Le 1er juillet 2007, le Procureur Général de
Hassi Messaoud réclame 3 mois de prison ferme et une amende conséquente à son
encontre. Mais 15 jours plus tard, il écope à la surprise générale d’une amende
de 50 000 dinars.
Dans le dernier épisode, la direction monte une affaire avec des
témoignages douteux où le Secrétaire général aurait insulté une responsable
hiérarchique. Il est mis à pied sans autre procédure. Privé de travail et de
salaire depuis maintenant 4 mois, éloigné de 500 kilomètres de sa famille,
Yassine est confronté à un choix difficile : rejoindre son épouse ou
défendre l’honneur et la dignité de ses camarades.
(29 septembre 2007)
Le 2 décembre, il a été condamné à une amende de 10 000 dinars (100 €) par
un tribunal. Accusé d’avoir insulté un responsable hiérarchique, ses témoins ne
pouvaient « se libérer de leur travail » pour contribuer à sa défense
lors de l’audience qui a eu lieu le 15 novembre. Ceux de la direction n’ont pas
eu de tels empêchements. Le juge a bien relevé quelques contradictions dans
leurs propos mais le dossier de la défense ne faisait plus le poids.
Yacine Zaïd est à nouveau convoqué devant le juge aujourd’hui à 500
kilomètres de son domicile. Se sentant fort, Eurest a porté plainte contre lui
en son nom propre pour « diffamation sur Internet ». Pour avoir
révélé les conditions d’emploi des salariés d’un leader mondial de la
restauration il risque une condamnation pénale.
(10 décembre 2007)
Décidément, à Eurest Support Services en Algérie, on n’aime pas les
syndicalistes. Mais alors pas du tout ! La chasse aux sorcières continue à
Hassi Messaoud pour s’assurer que plus aucun salarié ne soit syndiqué … Plus de
six mois après l’avoir licencié, la direction locale dépense des sommes
considérables en honoraires d’avocats et d’huissiers pour le terroriser au
quotidien. Suite au rejet par un juge à Hassi Messaoud le 8 janvier dernier
d’une plainte pour « diffamation sur Internet », Eurest a réintroduit
celle-ci au tribunal 500 kilomètres plus loin au domicile de
« l’accusé ». « Je ne peux vivre tranquille que le week-end
quand je suis certain que les huissiers ne travaillent pas » déclare
Yacine. « Le Directeur des opérations, le DRH et le juriste d’Eurest ont
juré de porter plainte contre moi à chaque fois qu’ils trouvent un mot douteux
que j’aurai pu écrire ».
(28 juin 2008)
Et la persécution continue en ce mois de février 2010 !
Alger
républicain
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