Les droits syndicaux régulièrement bafoués en Algérie il y a 717 jours Citation('1105502','1105502','5','9286')">Reporter spam
Rapport 2010 de la
Confédération Syndicale Internationale (CSI)
Les
droits syndicaux régulièrement bafoués en Algérie
La Confédération syndicale
internationale (CSI), la plus importante organisation syndicale internationale,
a rendu public hier son rapport 2010 des violations des droits syndicaux. Et la
situation dépeinte sur le cas de l’Algérie n’est pas reluisante.
Ainsi, dans l’entame de son long
réquisitoire, la CSI déplore le fait que « les nombreuses actions de
protestation des syndicats autonomes ont été réprimées par les autorités,
particulièrement dans le secteur de l’éducation et de la santé ».
L’organisation internationale, qui défend les intérêts des quelque 176 millions
de travailleurs qu’elle représente, et ce, à travers de 312 organisations
affiliées dans 156 pays et territoires, dénonce les « amples pouvoirs
d’immixtion des autorités algériennes ». « L’organisation syndicale
est entravée par des restrictions excessives et les interventions du
gouvernement », est-il accusé dans le document.
Pourtant, l’Algérie est
signataire de moult conventions fondamentales de l’Organisation internationale
du travail, garantissant ainsi, dans la législation du moins, les droits de
grève ou d’activités syndicales. Toutefois, « les grèves légales sont
difficiles à organiser, le gouvernement peut interdire une grève sans
justification et l’état d’urgence fait que les sit-in et autres protestations
sont des délits sévèrement punis par des peines de prison, pouvant aller
jusqu’à 20 ans », énumère la CSI. D’autant plus que le contexte
socioéconomique qui prévaut en Algérie est propice à la fronde ouvrière.
« Depuis la réélection pour
un troisième mandat, le 9 avril 2009, du président sortant Abdelaziz Bouteflika,
les violations des droits humains ont continué », condamne la CSI.
« Fin 2009, la grogne sociale était de plus en plus manifeste »,
poursuit le rapport, signalant des indicateurs tels que l’inflation ou le
pouvoir d’achat en berne des citoyens. Puis s’ensuit une longue liste,
exhaustive, des nombreuses violations et répressions qu’ont eue à essuyer les
travailleurs algériens. « Les syndicats autonomes de plus en plus
représentatifs ces dernières années dans les secteurs de l’éducation et de la
santé ont toujours autant de mal à faire entendre leurs revendications auprès
des autorités », constate la CSI dans son rapport. Certaines de ces
organisations n’ont d’ailleurs toujours pas pu se faire enregistrer et n’ont
donc pas d’existence légale.
Mais plus grave, « leurs
noms sont parfois usurpés par des dissidents soutenus par le pouvoir pour
tenter de saper cette représentativité », prévient la CSI. Et à celle-ci
d’épingler le mépris des autorités à leur égard, puisque « ces
organisations autonomes ne sont quasiment jamais consultées. Ainsi, malgré
leurs demandes, elles n’ont pas été associées aux négociations salariales
triennales en fin d’année ». En sus, selon la CSI, « beaucoup de
leurs actions de protestation, très nombreuses tout au long de l’année, ont été
jugées illégales et durement réprimées ». Et de citer pour exemples le
CNEC, le Snapap, le Cnapest, le Satef, l’Unpef, ou encore le Cla, dont les
membres n’ont eu de cesse d’être malmenés par la police. Ces mêmes
syndicalistes ont, en plus du matraquage systématique, aussi fait l’objet
d’interpellations arbitraires, de révocations abusives et de harcèlements
judiciaires récurrents.
Les syndicats autonomes en
première ligne contre les autorités Mais l’Etat n’est pas le seul à être accusé
de violer les droits des travailleurs. Ainsi, de nombreuses entreprises,
qu’elles soient publiques ou privées, sont épinglées par la CSI pour leur
hostilité à l’égard de leurs employés. Licenciée abusivement par British Gas,
Myriam Mehdi avait entamé une grève de la faim, qui avait duré plusieurs
semaines, menaçant dangereusement sa santé. Yacine Zaïd a été licencié par le
groupe britannique Compass, et ce, juste après la création d’une section
syndicale, à la tête de laquelle il a été élu. Des centaines d’employés d’Orascom
Telecom algérie ont tenté d’observer, au cours de l’année, un sit-in afin de
dénoncer l’absence de syndicat au sein de l’entreprise.
De même, la CSI dénonce, dans
son rapport, les licenciements massifs de grévistes à la Sonatro, où plus de
300 employés ont été remerciés pour « abandon de poste », alors
qu’ils tentaient de protester, au cours d’une grève, contre la situation
précaire de l’entreprise. Par ailleurs, il est rapporté les pressions
antisyndicales chez Electro-Industries, à Azzazga, les 80 dockers grévistes
licenciés par le groupe Dubaï Port World, les 45 grévistes licenciés par le
groupe limonadier Ifri, ou encore l’absence de dialogue social au sein de la
société avicole Carravic, et le mépris de la direction à l’égard des
travailleurs et de leurs représentants.
Par Ghania Lassal
Elwatan
Les commentaires: 0 Affichages: 3984 Balises: yacine zaid, compass groupe, eurest algérie, snapap, ugta |