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Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 714 jours 15.06.2010 17:32:37

 

 

http://yacinezaid.blogspot.com/


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 Algérie: La « mal-vie »: rapport sur la situation des droits économiques, sociaux et culturels en Al...
Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 714 jours 15.06.2010 17:29:00

 

II.4 UGTA : un monopole bien gardé

La création de syndicats autonomes dans le secteur productif est impossible. Yacine Zaïd, travailleur d’Hassi Messaoud, en fait l’amère expérience. Dans cette ville champignon proche de Ouargla sont extraits près des deux tiers du pétrole algérien; y accéder nécessite un permis spécial, rendant impossible les enquêtes indépendantes. Indigné par le sort des travailleurs dans ce far-west saharien , Zaïd, responsable de la sécurité de l’entreprise de restauration collective Eurest Support Services, filiale du groupe britannique Compass, décide de créer une section syndicale (1.400 travailleurs à l‘assemblée générale constitutive). L’entreprise lui conteste ce droit. Du jour au lendemain, l’employé modèle, récompensé régulièrement par des primes, devient indésirable, puis est licencié. Dans sa notification de licenciement en juin 2007, est cité l’article 22 du décret exécutif n°96-158 du 4 mai 1996: « les cadres et agents chargés de la sûreté interne de l’établissement : (…) doivent observer scrupuleusement les obligations de loyauté, de réserve, de neutralité et d’impartialité et s’interdisent toute intervention dans les relations de travail et les litiges et conflits professionnels d’ordre administratif ou syndical au sein de l’établissement ». Ils sont aussi tenus, par le même article, à un secret professionnel. A cette catégorie de salariés, la liberté syndicale est donc purement et simplement confisquée. Yacine Zaïd obtient le soutien des syndicats autonomes algériens, des militants des droits de l’Homme, et d’organisations internationales78. D’autres tentatives de création de sections syndicales à Hassi Messaoud ont conduit leurs initiateurs au licenciement79 : Mis Waco, Western Gico, Woder Food, Beaker Huggs… Le silence de l’UGTA est assourdissant.
Parce qu’il médiatise son expérience, Yacine Zaïd80 subit un harcèlement judiciaire manifeste. Noyé sous une avalanche de plaintes pour diffamation, insultes (7 à ce jour), il est ruiné mais reste mobilisé. « Ils sont des milliers de salariés maltraités qui pensent qu’ils n’ont aucun recours, je veux prouver à tous que nos droits sont bafoués et que nous devons nous mobiliser collectivement pour les défendre», estime-t-il. D’après des témoignages recueillis par la mission, les taux de suicide seraient particulièrement élevés à Hassi Messaoud, mais dans cette région considérée comme une zone de non droit, aucune donnée n’est vérifiable..
Non seulement les autorités algériennes laissent les entreprises d‘Hassi Messaoud (multinationales et sous-traitants locaux) bafouer en toute impunité la législation algérienne sur le travail, mais en empêchant les salariés dont c’est pourtant un droit garanti par la Constitution (art. 56) et la Convention 87 de l’OIT (art.2), ils donnent aussi aux contrevenants les moyens de la répression d’Etat.
La proximité de l’UGTA avec le pouvoir est plus que jamais visible. Elle est devenu « un instrument totalement discrédité de contrôle social », estime le CISA. Sa gestion des conflits comme ceux de Rouiba, témoignent de l’attitude ambigüe des représentants de l’UGTA. En janvier 2010, dans la zone industrielle de Rouiba, la grève de la SNVI (Société nationale des véhicules industriels, à la dérive avec seulement quelques centaines de voitures produites pour la police et pour l’armée et avec 60 milliards de dinars de dettes) gagne toutes les entreprises présentes comme Anabib, Magi, Cammo... Les salariés revendiquent le maintien de l’actuel dispositif de mise à la retraite, la hausse des salaires et la généralisation du SNMG à toutes les catégories de travailleurs. Dans la rue, face aux forces anti-émeute et de leurs engins SNVI, les manifestants sont entre 2.000 et 5.000 selon les jours. Sur le terrain, les représentants de l’UGTA sont débordés, incapables de répondre aux injonctions de la direction nationale et de contenir la grève81; dans la foule, des manifestants lancent à l‘adresse de Sidi Saïd, le puissant patron de l‘UGTA, « il nous a trahi« . Contrainte, l’UGTA locale se rebelle après quelques jours contre ce qu’elle qualifie de « communiqués philosophiques ». «Il n’est pas question de les faire passer (…). Les travailleurs ne sont plus dupes (…) », confie un syndicaliste local82. In fine et sans réelles garanties, la grève a pris fin le 14 janvier.
78. Campagne de solidarité du mouvement syndical international sur son site LabourStart, et soutiens nombreux de la CFDT Hôtellerie, Tourisme, Restauration, www.cfdt-htr.org
79. « Des sociétés étrangères exploitent les Algériens », El Watan, 27 juillet 2009
80. Yacine-zaid.mylivepage.com, www.facebook.com. En rédigeant des blogs, en initiant des groupes Facebook, ce pionnier tente de sortir l’Algérie de son isolement et invente une nouvelle forme de protestation
81. « La contestation gagne la zone industrielle », El Watan, 7 janvier 2010
82. « Rouïba : la grève de la SNVI reconduite », Le Quotidien d’Oran, 12 janvier 2010

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 Droits syndicaux en danger
Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 714 jours 15.06.2010 17:22:48

 


Nous disposons de peu d’outils consensuels pour l’évaluation de l’état des libertés syndicales, en dehors des documents périodiques du BIT – bien plus critiques qu’on ne le croit. Les organisations internationales développent pour leur part leurs propres paramètres de mesure, mais ils sont frappés de partialité en raison de leur caractère quelque peu militant.
C’est le cas de l’une des plus influentes et représentatives d’entre elles, la Confédération syndicale internationale (CSI) dont le siège est à Bruxelles et qui représente 176 millions de travailleuses et de travailleurs au travers de 312 organisations nationales de 155 pays. Le «Rapport 2010 des violations des droits syndicaux dans le monde» de la CSI, en ligne depuis ce 9 juin(*), couvre 140 pays. Il recense 101 syndicalistes assassinés en 2009 (soit une augmentation de 30 % par rapport aux années précédentes), une érosion des droits des travailleurs et une grave crise de l’emploi dans le monde (environ 50 % de la main-d’œuvre mondiale occupe des emplois précaires). Abordant plus particulièrement la situation des libertés et droits syndicaux dans notre pays, le rapport rappelle que «de nombreuses actions de protestation des syndicats indépendants ont été réprimées par les autorités, en particulier dans les secteurs éducatif et sanitaire ». Les membres les plus actifs de l’UGTA ne sont pas à l’abri de l’arbitraire antisyndical. Par souci d’équité, le rapport de la CSI relate largement ce qu’ils endurent : «L'activisme de l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA) a, de son point de vue, souvent été ignoré ou combattu par les employeurs». Le droit d'organisation syndicale est «enfreint par des restrictions excessives et par l'intervention du gouvernement. Pour être reconnu, un syndicat doit représenter au moins 20 % des travailleurs dans une entreprise et doit obtenir l'autorisation préalable du gouvernement». A ce stade de l’action syndicale, ce sont les manipulations occultes qui préoccupent la CSI : «Certaines de ces organisations n'ont pas encore été en mesure de se faire enregistrer et n'ont donc aucune existence légale. Leurs noms sont parfois usurpés par des dissidents soutenus par le gouvernement, dans le but évident de porter atteinte à leur représentativité. » Les mêmes restrictions frappent plus durement le droit de grève, «difficile à mettre en œuvre, car soumis à l’obligation préalable d'un scrutin secret de l'ensemble du personnel, ainsi que par la possibilité offerte par la loi du 6 février 1990 aux autorités de recourir à la consultation de la Commission nationale d'arbitrage. Le gouvernement peut également interdire une grève si elle peut provoquer une grave crise économique, ou la déclarer action subversive ou terroriste si elle entrave le bon fonctionnement des services publics ou la liberté de circulation dans les lieux publics». «Enfin, conformément à l'état d'urgence décrété en 1992, ces dernières infractions sont passibles de peines lourdes, y compris d’emprisonnement pouvant aller jusqu'à 20 ans.» Les troubles sociaux enregistrés jusqu’en fin 2009 sont directement associés à une «inflation (qui) avait atteint une moyenne de 5,7 % pour les 11 premiers mois de l'année, alors que pendant la même période, les prix des produits frais avaient explosé (ils ont enregistré une hausse de plus de 21 %)». Les syndicats indépendants «qui sont devenus de plus en plus représentatifs dans les secteurs de l’éducation et de la santé au cours des dernières années sont constamment réprimés», selon la CSI, qui trouve qu’il leur est toujours aussi difficile de faire entendre leurs revendications par les autorités. Dans ces conditions, le dialogue social est une fiction d’autant plus avérée que «les organisations indépendantes, est-il encore écrit, ne sont pratiquement jamais consultées». Leur exclusion est manifeste s’agissant des «négociations salariales triennales tenues à la fin de l'année». L’hostilité aux syndicats et au dialogue social est particulièrement manifeste chez les multinationales opérant dans le domaine pétrolier : «Les entreprises multinationales qui y opèrent bafouent en permanence la législation du travail.» Les autorités n’ont pas donné suite aux protestations des travailleurs et des syndicalistes «contre des conditions de travail injustes, ils ont souvent été harcelés, menacés ou licenciés par leurs employeurs». La société britannique Compass, qui assure, sous contrat, la restauration et des services de soutien aux entreprises multinationales actives dans l'industrie pétrolière et du gaz naturel, a licencié Yacine Zaïd peu après la création d'une branche locale de l’UGTA et son élection comme leader de la branche en décembre 2006. Au moins 10 autres membres de l'UGTA ont également été licenciés. «La santé de Myriem Mehdien, en grève de la faim depuis le 10 novembre, après avoir été injustement licenciée par British Gas, a suscité de graves préoccupations à la fin de 2009. Avec le soutien de ses collègues, elle a refusé de se conformer à un changement radical dans ses heures de travail. Depuis plusieurs mois, elle a été l'objet de menaces et de pression. » Le 8 mars 2009, 200 travailleurs d’Orascom Telecom ont organisé un sit-in pour protester, notamment, contre l'absence de représentation syndicale au sein de cette filiale du groupe égyptien. Toujours chez les multinationales, au plus près du pouvoir central, suite à la grève des dockers du port d’Alger, qui s'est déroulée du 25 juin au 4 juillet, la nouvelle direction refuse de tenir parole et de réintégrer 80 d'entre eux. 2009 aura néanmoins été pour l’essentiel celle de l’action revendicative dans l’éducation nationale : «Les membres du Conseil national des enseignants contractuels (Cnec) —dont le nombre est estimé à au moins 30 000 et qui sont pour beaucoup en situation précaire depuis quinze ans —, ont été maltraités par les autorités pendant toute l'année. De nombreux rassemblements tenus devant le palais présidentiel ont été violemment dispersés, notamment le 10 février, le 23 mars et le 5 août. Au cours de la grève de trois semaines des syndicats indépendants de l’éducation en novembre, les militants du Cnec ont été battus et arrêtés pour interrogatoire. Le sit-in des enseignants contractuels s’est néanmoins poursuivi. Le 4 décembre, également, non loin du palais présidentiel, les policiers ont matraqué les manifestants. Un manifestant a dû être évacué d’urgence à l'hôpital et 12 autres ont été arrêtés et détenus pendant plusieurs heures.» Par ailleurs, les autorités sont suspectées de vouloir réduire au silence les syndicats indépendants : «Début janvier, les autorités ont décidé de fermer le bureau régional du Syndicat autonome du personnel de l'administration publique (Snapap) à Béjaïa. Le 21 du même mois, à Constantine, «15 professeurs appartenant au Conseil national autonome de l'enseignement secondaire et technique des enseignants des écoles (Cnepest) ont écopé de deux mois de prison avec sursis pour attroupement illégal.» La CSI revient enfin sur ce qu’elle appelle «la répression brutale de l’imposante grève de l'éducation à la fin de l'année» : «Les autorités algériennes ont tenté d'empêcher une grève des syndicats d'enseignants en la déclarant illégale.» Au nombre des organisations grévistes figuraient : le Satef, l’Unpef, le Cnepest, le Cnec et le Cla. «La grève, qui s’est prolongée du 8 à la fin novembre, a été l'une des plus imposantes dans le secteur ces dernières années. Plus de 500 000 enseignants l’ont appuyée, forçant les autorités à négocier avec leurs représentants. Au cours de leurs manifestations, de nombreux militants, les femmes comme les hommes, ont été battus et arrêtés. Dans un incident notable, enregistré le 10 novembre, quelque 50 enseignants ont été arrêtés.» En juin 2009, dans la wilaya de Mascara, 11 travailleurs du secteur de la santé, y compris plusieurs membres de l'UGTA, ont également été suspendus. La combativité des fonctionnaires ne doit pas faire de l’ombre aux dures conditions de travail et d’organisation dans le secteur économique, notamment privé. Dans le public, la CSI enregistre quelques faits marquants. Le 14 avril, 320 travailleurs de différents chantiers de l'entreprise publique Sonatro, dont 22 syndicalistes de la section locale de l'UGTA, ont été licenciés pour «abandon de poste», parce qu’ils avaient pris part à «des actions de protestation et de dénonciation des conditions de travail inhumaines, le non-paiement des arriérés des salaires et plus généralement de la mauvaise gestion et de la faillite programmée de leur entreprise (…) Le 15 juillet, l'un des grévistes licenciés est décédé chez lui des suites d'une crise cardiaque». Le même mépris est affiché à l’endroit d’autres structures locales de l’UGTA, comme chez Electro-Industries, à Azazga (dans la wilaya de Tizi-Ouzou), où «après deux mois de manifestations (mars et avril), les travailleurs ont obtenu l'accord des pouvoirs publics pour remplacer leur directeur». Dans le secteur privé national, le droit syndical est pour l’essentiel une fiction. «La Mecque des révolutionnaires semble bien renier ses lettres de noblesse militante. Chaque jour qui passe l’enfonce un peu plus dans le reniement. Pour aller où ? Et le sait-elle ?

(*) Pour lire le rapport (disponible en anglais) : http://survey.ituc-csi.org

Par Ammar Belhimer le soir d’Algérie

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 Les droits syndicaux régulièrement bafoués en Algérie
Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 717 jours 12.06.2010 23:06:55

 

Rapport 2010 de la Confédération Syndicale Internationale (CSI)

Les droits syndicaux régulièrement bafoués en Algérie

La Confédération syndicale internationale (CSI), la plus importante organisation syndicale internationale, a rendu public hier son rapport 2010 des violations des droits syndicaux. Et la situation dépeinte sur le cas de l’Algérie n’est pas reluisante.

 

Ainsi, dans l’entame de son long réquisitoire, la CSI déplore le fait que « les nombreuses actions de protestation des syndicats autonomes ont été réprimées par les autorités, particulièrement dans le secteur de l’éducation et de la santé ». L’organisation internationale, qui défend les intérêts des quelque 176 millions de travailleurs qu’elle représente, et ce, à travers de 312 organisations affiliées dans 156 pays et territoires, dénonce les « amples pouvoirs d’immixtion des autorités algériennes ». « L’organisation syndicale est entravée par des restrictions excessives et les interventions du gouvernement », est-il accusé dans le document.

Pourtant, l’Algérie est signataire de moult conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail, garantissant ainsi, dans la législation du moins, les droits de grève ou d’activités syndicales. Toutefois, « les grèves légales sont difficiles à organiser, le gouvernement peut interdire une grève sans justification et l’état d’urgence fait que les sit-in et autres protestations sont des délits sévèrement punis par des peines de prison, pouvant aller jusqu’à 20 ans », énumère la CSI. D’autant plus que le contexte socioéconomique qui prévaut en Algérie est propice à la fronde ouvrière.

« Depuis la réélection pour un troisième mandat, le 9 avril 2009, du président sortant Abdelaziz Bouteflika, les violations des droits humains ont continué », condamne la CSI. « Fin 2009, la grogne sociale était de plus en plus manifeste », poursuit le rapport, signalant des indicateurs tels que l’inflation ou le pouvoir d’achat en berne des citoyens. Puis s’ensuit une longue liste, exhaustive, des nombreuses violations et répressions qu’ont eue à essuyer les travailleurs algériens. « Les syndicats autonomes de plus en plus représentatifs ces dernières années dans les secteurs de l’éducation et de la santé ont toujours autant de mal à faire entendre leurs revendications auprès des autorités », constate la CSI dans son rapport. Certaines de ces organisations n’ont d’ailleurs toujours pas pu se faire enregistrer et n’ont donc pas d’existence légale.

Mais plus grave, « leurs noms sont parfois usurpés par des dissidents soutenus par le pouvoir pour tenter de saper cette représentativité », prévient la CSI. Et à celle-ci d’épingler le mépris des autorités à leur égard, puisque « ces organisations autonomes ne sont quasiment jamais consultées. Ainsi, malgré leurs demandes, elles n’ont pas été associées aux négociations salariales triennales en fin d’année ». En sus, selon la CSI, « beaucoup de leurs actions de protestation, très nombreuses tout au long de l’année, ont été jugées illégales et durement réprimées ». Et de citer pour exemples le CNEC, le Snapap, le Cnapest, le Satef, l’Unpef, ou encore le Cla, dont les membres n’ont eu de cesse d’être malmenés par la police. Ces mêmes syndicalistes ont, en plus du matraquage systématique, aussi fait l’objet d’interpellations arbitraires, de révocations abusives et de harcèlements judiciaires récurrents.

Les syndicats autonomes en première ligne contre les autorités Mais l’Etat n’est pas le seul à être accusé de violer les droits des travailleurs. Ainsi, de nombreuses entreprises, qu’elles soient publiques ou privées, sont épinglées par la CSI pour leur hostilité à l’égard de leurs employés. Licenciée abusivement par British Gas, Myriam Mehdi avait entamé une grève de la faim, qui avait duré plusieurs semaines, menaçant dangereusement sa santé. Yacine Zaïd a été licencié par le groupe britannique Compass, et ce, juste après la création d’une section syndicale, à la tête de laquelle il a été élu. Des centaines d’employés d’Orascom Telecom algérie ont tenté d’observer, au cours de l’année, un sit-in afin de dénoncer l’absence de syndicat au sein de l’entreprise.

De même, la CSI dénonce, dans son rapport, les licenciements massifs de grévistes à la Sonatro, où plus de 300 employés ont été remerciés pour « abandon de poste », alors qu’ils tentaient de protester, au cours d’une grève, contre la situation précaire de l’entreprise. Par ailleurs, il est rapporté les pressions antisyndicales chez Electro-Industries, à Azzazga, les 80 dockers grévistes licenciés par le groupe Dubaï Port World, les 45 grévistes licenciés par le groupe limonadier Ifri, ou encore l’absence de dialogue social au sein de la société avicole Carravic, et le mépris de la direction à l’égard des travailleurs et de leurs représentants.

 

Par Ghania Lassal Elwatan

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 Algérie avant la coupe du Monde
Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 718 jours 11.06.2010 02:19:07

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 Licenciements abusifs : L’autre drame du monde du travail en Algérie !
Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 723 il y a ... jours 06.06.2010 12:05:49

 


Réhabilités par la justice et damnés par leurs entreprises. Ils sont aujourd’hui suspendus au sens propre et au figuré. Leur situation sociale se dégrade et aucune solution ne se profile à l’horizon pour leur permettre de reprendre la vie ordinaire.

 

Ils sont victimes du principe de la flexibilité du travail introduit dans la législation régissant ce domaine depuis 1996. Ce sont des travailleurs algériens qui « bossaient » pour des entreprises publiques, privées et même pour des firmes étrangères dans le sud du pays. Leurs cas illustrent, on ne peut plus clair, les incohérences du monde du travail en Algérie et surtout le poids « léger » de la justice algérienne. La problématique concerne des centaines de travailleurs licenciés ou suspendus arbitrairement par leurs employeurs. Ces derniers défient même la justice qui exige, souvent, la réintégration des travailleurs licenciés, en vain. Portraits de cadres et de simples travailleurs vivant l’enfer au quotidien... Au moment où le gouvernement s’affaire à placer de nouveaux demandeurs d’emplois, des centaines d’employés grossissent les rangs des chômeurs en Algérie. Leurs torts est d’avoir tenté de créer un syndicat, de dénoncer une mauvaise gestion ou, tout simplement, de n’être pas en bons termes avec leur patron. Ces « erreurs », ils les ont payées cash, en se retrouvant en dehors du circuit du travail.

« Des employeurs au-dessus de la loi »

La pénalité est doublée quand ils s’engagent dans un labyrinthe judiciaire et l’effort peu fructueux. Malgré des verdicts qui leurs sont favorables, ces victimes de l’arbitraire « made in Algeria » ne voient toujours pas le bout du tunnel. Nous avons rencontré certains d’entre eux. Ils témoignent. « Je vis un véritable calvaire », lance, avec amertume, Derras Farid, 45 ans, marié et père de quatre enfants. Ce technicien en hygiène et sécurité à la direction régionale d’Oran de la Société nationale des tabacs et allumettes (SNTA) n’en peut plus. Pour avoir dénoncé des détournements d’argent au sein de la société, Derras Farid a été suspendu, le 16 décembre 2001. Neuf ans après, sa situation n’est toujours pas claire. Il a pourtant gagné trois procès, mais les décisions de justice, prononcées au nom du peuple algérien qui exigent sa réintégration, n’ont jamais été appliquées. La direction de la SNTA refuse d’appliquer la décision de justice malgré l’astreinte comminatoire (2000 DA/jour) qui lui a été infligée par le tribunal. « En 2008, j’ai même tenté d’intenter une action en pénal contre la direction conformément à l’article 138 du code pénal qui considère le refus d’application de la décision de justice comme un délit sanctionné pénalement. Ma tentative s’est heurtée à l’opposition du procureur général qui m’a dit clairement que je n’avais pas le droit de le faire, sous prétexte que mon affaire est sociale », explique-t-il. Notre interlocuteur se dit désabusé. « Après 20 ans de service, voilà comment on m’a récompensé, pourtant, ma dénonciation s’est avérée juste. J’ai vraiment l’impression que l’administration algérienne est au-dessus du peuple », lance-t-il. Algérie Poste (AP), une autre entreprise publique et une autre opposition à une application d’une décision de justice. Il s’agit du cas de Hakim Addad, assistant de direction, chargé de la communication à AP. Engagé en 2007 et confirmé à son poste, une année après (en mai 2008), ce jeune cadre est suspendu aussitôt confirmé. Le changement à la tête de la direction de AP était pour lui synonyme de tous les malheurs. Il est suspendu quelques mois après. Depuis, il ne voit rien venir. « La suspension ne devrait pas dépasser 60 jours. Pour moi, la sanction abusive dure depuis près de deux ans », souligne Hakim Addad.

La justice impuissante

Cette suspension l’a contraint à mener une bataille procédurale et judiciaire très coûteuse qui s’est soldée par deux décisions de réintégration qui ne sont toujours pas appliquées. « J’ai eu deux décisions du tribunal qui exigent ma réintégration et auxquelles la direction d’AP ne veut pas se soumettre. C’est une preuve par 9 que la justice est impuissante », lance-t-il. L’affaire de Hakim Addad n’est pas encore résolue. Avec son avocat, ils mènent toujours cette lutte contre une administration publique qui fait obstruction à l’application de loi de la République. La SNTA et AP ne sont pas les seules entreprises publiques qui commettent ces infractions. Selon des avocats que nous avons contactés, des centaines de fonctionnaires et travailleurs anonymes souffrent toujours de l’arrogance de leurs employeurs. Ils n’ont pas les moyens de faire entendre leur voix. Certains d’entre eux, faute de moyens financiers qui leur permettent d’assumer les frais de la justice, abandonnent carrément la bataille et partent à la recherche d’un autre emploi. La question des financements est un problème qui rend encore plus complexe la tâche du justiciable. Et pour celui qui a perdu son emploi, le recours à la justice devient un rêve irréalisable. « La non-application des décision de justice et le manque de ressources financières nécessaires poussent souvent les victimes des licenciements à commettre l’irréparable en voulant se faire justice. Du coup, les affaires qui étaient des conflits sociaux au début deviennent des délits traités par les chambres pénales », déplore un avocat. Firmes internationales : des zones de non-droit Comme dans les entreprises publiques, le refus d’application des décisions de justices est légion au niveau des entreprises étrangères activant en Algérie. Exploitant des brèches dans la législation du travail en Algérie, certaines d’entre elles sévissent contre tout travailleur qui leur tient tête. De véritables zones de non droit. Le cas de Meriem Mehdi, licenciée par British Gas en novembre 2009, n’est que la partie visible de l’iceberg. Le recours au licenciement ou à la suspension des travailleurs est « le sport préféré » de certains responsables des entreprises étrangères en Algérie. Pour une simple tentative de création d’un syndicat, des travailleurs algériens sont mis à la porte. Le rêve de travailler pour une entreprise étrangère devient alors un cauchemar. C’est le cas de Ali Nouar, 45 ans et père de trois enfants. Ce comptable est licencié par son employeur, l’entreprise multinationale MiSwacom Algeria (Hassi Messaoud) en novembre 2008. Motif : création d’une section syndicale. « Mon licenciement est intervenu après une année de harcèlement moral ; ils (les responsables) ne me confiaient aucun travail et j’étais obligé de rester dans mon bureau des heures durant sans rien. Tout cela pour me pousser à commettre l’erreur qui servirait de justification pour mon licenciement.

Exaspérés, les responsables de Miswacom ont saisi l’occasion de mon absence (j’ai pris un congé) pour me licencier », raconte-t-il. Ali Nouar s’engage lui aussi dans une bataille judiciaire. Il obtient en janvier 2010 un jugement favorable, la justice ordonne sa réintégration, mais l’employeur refuse d’abdiquer. « Je suis vraiment déçu. Si la justice n’est pas capable de faire appliquer ses propres décisions, pourquoi on nous oblige à poiroter pendant longtemps dans les couloirs des tribunaux », tonne-t-il. Ali Nouar ne cache pas son ressentiment. « C’est la hogra pure est simple. Les Algériens dans les entreprises étrangères sont des citoyens de deuxième degré », dénonce-t-il. Ammar Merzoud, 49 ans, père de deux enfants, a connu le même sort. Chef de cuisine à l’entreprise, Eurest, ce dernier a été suspendu et poursuivi en justice, le 26 décembre 2006, pour avoir participé, lui aussi, à une tentative de création d’une cellule syndicale. « Au bout de quatre années de lutte, j’ai obtenu, en février 2010, une décision de justice qui demande ma réintégration. Une décision que Eurest n’a appliquée que partiellement en me versant une indemnité de 300 000 DA. Moi j’exige ma réintégration », déclare-t-il, en décrivant ce qui se passe au niveau des bases pétrolières du sud du pays comme « l’esclavagisme moderne ». Au niveau de la même entreprise, Yacine Zaïd, 39 ans, subit un harcèlement judiciaire épouvantable. Son histoire est rocambolesque. Il passe en l’espace de quelques mois d’un travailleur gentil que l’on récompense pour son sérieux dans le travail à un diable à combattre par tous les moyens.

Le code du travail mis en cause

Outre son licenciement pour avoir créé un syndicat dont il est le secrétaire général, le jeune homme a été traîné à maintes fois devant les tribunaux. « Pour des histoires montées de toutes pièces », précise-t-il. L’avalanche de procès continue de tomber sur sa lui. Malgré la forte solidarité dont il a bénéficié de la part des syndicats autonomes, Yacine Zaïd n’a toujours pas récupéré ses droits. Comme lui et les personnes qui ont témoigné dans ce dossier, des centaines, voire des milliers de travailleurs et cadres algériens ont perdu leurs droits les plus légitimes. Des droits sacrifiés sur l’autel du code du travail et les limites de la justice. Car, explique Noureddine Benyessad, avocat et vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), le problème dont souffre le travailleur algérien actuellement remonte à 1996.

Le conseil national de transition (CNT) a voté un amendement de l’article 73 du code du travail qui permet à l’employeur de verser à son employé licencié une indemnité au lieu de le réintégrer. « Auparavant, le problème ne se posait pas », relève-t-il. Selon lui, la justice ne dispose pas de suffisamment de moyens pour faire appliquer ses propres décisions. Mais l’indemnité remplace-t-elle la perte d’un emploi ? Les victimes et les avocats s’accordent à affirmer que rien ne remplace la perte du poste de travail. « En plus de l’insuffisance de la somme versée, les travailleurs licenciés devront chercher un nouveau travail toujours difficile à trouver », ajoute Nesreddine Lezzar, avocat. Les retards dans l’application des décisions de justice ou sa non application engendrent d’autres conséquences pour la personne qui en est victime. « Dans ce genre de situation, tu ne peux pas cotiser à la sécurité sociale et par ricochet tu ne pourra pas rembourser tes médicaments. Donc, ce sont des charges supplémentaires qu’un travailleur sans ressources financières doit assumer comme il peut », regrette encore Hakim Addad. Et d’ajouter : « Je dis au ministre du Travail, Tayeb Louh, qui avait demandé à Meriem Mehdi d’arrêter sa grève de la faim et de recourir à la justice pour récupérer ses droits, qu’il faut d’abord revoir cette disposition du code du travail qui consacre la précarité ».

Par Madjid Makedhi Elwatan

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 Agissez maintenant! Algérie : les syndicats indépendants interdits d'accès à leurs locaux
Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 735 jours 25.05.2010 20:44:17

 

 


 

Le 12 mai 2010, les autorités algériennes ont fermé La Maison des Syndicats, le quartier général du Syndicat National Autonome des Personnels de l'Administration Publique (SNAPAP) et d’une importante alliance de syndicats indépendants luttant pour les droits des travailleurs dans les secteurs public et privé.
Les autorités ont employé des motifs infondés comme l’organisation de réunions et de rassemblements publics non autorisés, l’invitation non autorisée d’étrangers à ces mêmes événements, l’utilisation du bâtiment comme lieu de rencontres entre jeunes filles et jeunes garçons venant de toutes les régions du pays, la perturbation générale de l’ordre public.

 

Agissez maintenant! En cliquant ici : Labourstart

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 Comment en est-on arrivé là
Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 735 jours 25.05.2010 20:38:49

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 Aucune personne na faim en Algérie
Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 735 jours 25.05.2010 20:38:03

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 Cloture du forum syndical magrebain
Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 735 jours 25.05.2010 20:36:13

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 L'ouverture du Forume syndical maghrébin
Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 735 jours 25.05.2010 20:35:15

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 SOLIDARITE AVEC LE JOURNALISTE ABDERREZAK BOUKEBBA
Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 747 jours 13.05.2010 01:49:48

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 Sit-In de SNAPAP devant le ministère de travail
Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 747 jours 13.05.2010 01:48:37

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 Sit-In devant le ministère de travail
Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 747 jours 13.05.2010 01:46:39

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 Algérie 2010
Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 747 jours 13.05.2010 01:41:32

 

Ça ce passe en 2010 à 15KM de la willaya de Laghouat…une famille Algérienne, une histoire, une souffrance…un enfant appeler Bilal !

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 Les multinationales imposent leur diktat au Sahara avec la complicité des autorités algériennes.
Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 761 jour 29.04.2010 23:24:02

 


Depuis plus de trois ans de jeunes travailleurs se battent pour se faire respecter par les patrons des multinationales qui ont fait du Sahara une zone de non-droit. Avec la libéralisation de l’économie, des activités juteuses ont été livrées à l’appétit vorace de capitalistes étrangers et d’affairistes nationaux, pour la plupart des hauts-fonctionnaires en retraite (dorée) bien introduits. Le pouvoir a trouvé l’astuce pour éviter la confrontation directe avec les travailleurs : Sonatrach se désengage de beaucoup d’activités déclarées « non-rentables ». Elle évite d’avoir à faire bénéficier les travailleurs des aspects positifs de la convention qui la lie aux travailleurs. Le délestage de ces activités vise tout simplement à réduire à une portion insignifiante la part devant revenir aux travailleurs et à grossir démesurément le gâteau des accapareurs et pilleurs du pays.

En réalité ces activités présentées comme « non-rentables » rapportent gros à travers des surfacturations érigées en procédé « homologué » de repartage des profits et de la rente pétrolière. il s’agit très souvent de sociétés écrans qui cachent de massifs transferts de devises à l’étranger. Des gens bien protégés se sucrent. Les multinationales prennent leur part du dépeçage. En contrepartie le régime algérien s’assure au plan international le soutien d’alliés qui peuvent l’épauler le jour où les travailleurs se mettraient à secouer les chaînes du nouvel esclavage. L’arrogance des multinationales face aux travailleurs ne puise sa force que de la forfaiture d’un système étranger aux principes de justice sociale qui ont mobilisé les travailleurs durant les premières années de l’indépendance.

Les textes qui suivent ont été puisés du site “http://campagne-eurest.blogspot.com...;. Leur lecture est édifiante.

Le combat du syndicaliste Yacine Zaïd qu’Alger républicain s’honore d’avoir reçu dans ses locaux doit être soutenu par toute personnes éprise de justice. Licencié pour le simple fait d’avoir avoir défendu les travailleurs, et réclamé comme strict minimum le respect de la réglementation sociale, il subit un harcèlement judiciaire incessant. A ce jour la multinationale continue à le traîner devant les tribunaux pour l’exemple, forte de l’argent amassé par l’effroyable exploitation des travailleurs et de ses complices algériens haut placés.

Les bases d’un rassemblement plus large contre l’exploitation capitaliste sont en train de s’élargir. Les luttes qu’anime Yacine Zaïd et la grève de la faim que mène de son côté pour la dignité et depuis des semaines, Meryem Mehdi, autre victime d’une multinationale insatiable, y contribuent.

(N.B. : les titres et intertitres sont de la rédaction)

AR.

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Le Sahara livré au pillage et à l’arbitraire de nouveaux colons.

Dans les dunes à 850 kilomètres au sud est d’Algers, Eurest Support Services, sous-traite la restauration et l’hébergement des ouvriers des champs pétrolifères de Hassi Messaoud pour des compagnies telles que Schlumberger, Halliburton, Repsol, BP, Ciepsa, Burlington … au total, une vingtaine de multinationales.

La filiale de Compass renommée pour son implication dans le scandale des achats des Nations Unies, emploie 1 900 salariés en Algérie. Comme partout dans le monde, ils sont parmi les moins payés et les moins biens considérés. Les salaires sont de l’ordre de 18 000 dinars par mois (environ 185 €). Mais ici, le soir venu, on ne rentre pas chez soi. On est obligé de quitter sa famille pour venir travailler dans la forteresse pétrolière où l’activité est continue, jour et nuit. Les conditions d’hébergement, de nourriture et d’hygiène sont déplorables. Insuffisamment de lits ou de couvertures à partager entre les salariés au repos. Ceux qui assurent la relève sont obligés de passer à la direction avant de connaître leur chantier d’affectation du jour. Mais au-delà, ce sont les brimades et le mépris des expatriés de la direction qui sont les plus intolérables.

Las de ces conditions, Yassine Zaid, 36 ans, Superviseur de Sécurité, décide avec quelques camarades de créer une section syndicale d’entreprise.

ESS refuse catégoriquement de la reconnaître ou de la laisser se réunir dans ses locaux. Elle est donc constituée le 21 décembre 2006 en toute légalité dans les locaux de l’union locale de l’UGTA. Réunis en Assemblée Générale, les adhérents élisent Yassine comme Secrétaire général de la section syndicale.

Employé modèle depuis quatre ans - il a reçu une prime de mérite la veille de l’A.G. - à compter de ce jour, pour lui, les ennuis commencent. Eurest refuse tout contact avec la section syndicale et déclare la guerre à son Secrétaire général. Le directeur des opérations nie tous les droits de la section syndicale et fait savoir aux employés, et plus spécialement aux plus précaires d’entre eux, que ceux qui défendront leurs droits sociaux en payeront le prix. Les courriers et les demandes d’entretien pour obtenir un bureau et un panneau d’affichage pour la section syndicale restent lettre morte.

La répression anti-syndicale est foudroyante. La direction exerce des pressions assimilables à du harcèlement moral visant à réduire au silence toute expression sur le lieu de travail. Les plus vulnérables retirent leur soutien …

Appelés en vue de faire respecter les lois, deux Inspecteurs du travail sont reçus par des insultes et l’arrogance. Ils dressent procès-verbal. L’affaire doit être entendue prochainement devant les tribunaux. “Vous, les Algériens, vous ne méritez pas l’indépendance !” lance le directeur opérationnel, d’origine belge et de nationalité française, lors d’une soirée dans les locaux de Schlumberger. Propos qui lui valent une interdiction de séjour chez le client exigée par le syndicat de cette entreprise et des poursuites en justice. Le 1er juillet 2007, le Procureur Général de Hassi Messaoud réclame 3 mois de prison ferme et une amende conséquente à son encontre. Mais 15 jours plus tard, il écope à la surprise générale d’une amende de 50 000 dinars.

Dans le dernier épisode, la direction monte une affaire avec des témoignages douteux où le Secrétaire général aurait insulté une responsable hiérarchique. Il est mis à pied sans autre procédure. Privé de travail et de salaire depuis maintenant 4 mois, éloigné de 500 kilomètres de sa famille, Yassine est confronté à un choix difficile : rejoindre son épouse ou défendre l’honneur et la dignité de ses camarades.

(29 septembre 2007)

Le 2 décembre, il a été condamné à une amende de 10 000 dinars (100 €) par un tribunal. Accusé d’avoir insulté un responsable hiérarchique, ses témoins ne pouvaient « se libérer de leur travail » pour contribuer à sa défense lors de l’audience qui a eu lieu le 15 novembre. Ceux de la direction n’ont pas eu de tels empêchements. Le juge a bien relevé quelques contradictions dans leurs propos mais le dossier de la défense ne faisait plus le poids.

Yacine Zaïd est à nouveau convoqué devant le juge aujourd’hui à 500 kilomètres de son domicile. Se sentant fort, Eurest a porté plainte contre lui en son nom propre pour « diffamation sur Internet ». Pour avoir révélé les conditions d’emploi des salariés d’un leader mondial de la restauration il risque une condamnation pénale.

(10 décembre 2007)

Décidément, à Eurest Support Services en Algérie, on n’aime pas les syndicalistes. Mais alors pas du tout ! La chasse aux sorcières continue à Hassi Messaoud pour s’assurer que plus aucun salarié ne soit syndiqué … Plus de six mois après l’avoir licencié, la direction locale dépense des sommes considérables en honoraires d’avocats et d’huissiers pour le terroriser au quotidien. Suite au rejet par un juge à Hassi Messaoud le 8 janvier dernier d’une plainte pour « diffamation sur Internet », Eurest a réintroduit celle-ci au tribunal 500 kilomètres plus loin au domicile de « l’accusé ». « Je ne peux vivre tranquille que le week-end quand je suis certain que les huissiers ne travaillent pas » déclare Yacine. « Le Directeur des opérations, le DRH et le juriste d’Eurest ont juré de porter plainte contre moi à chaque fois qu’ils trouvent un mot douteux que j’aurai pu écrire ».

(28 juin 2008)

Et la persécution continue en ce mois de février 2010 !

 

Alger républicain

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 « Merci, M. Mellouk ! »
Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 771 jour 19.04.2010 00:40:01

 

 

Bouzouidja : Cher M. Mellouk, avec ces valeureux syndicats autonomes qui investissent tous les secteurs et damnent le pion à la vieille et malade UGTA enlisée dans les scandales de ses Oeuvres Sociales et autres affaires scabreuses et qui ne représente qu'une poignée d'opportunistes qui l'ont confisquée depuis presque deux décennies. Avec ces milliers d'associations qui œuvrent inlassablement dans le silence et souvent dans le dénuement total pour l'amélioration du bien être social des Algériens et des Algériennes majoritairement abandonnés par leur Etat arrogant et rétrograde. Avec la vaillante presse indépendante écrite et en ligne et ses centaines de miliers de lecteurs et d'internautes qui dénoncent quotidiennement les dérives, abus et méfaits d'un pouvoir, très peu représentatif et de plus en plus isolé sur les plan interne et international. Avec toutes ces âmes de bonne volonté dont les sacrifces énormes ont fait que notre pays est resté debout au moment ou très peu donnaient cher de sa peau. Vous représentez, M. Mellouk, l'Algérie qui vit, l'Algérie qui bouge, l'Algérie qui évolue, l'Algérie qui dénonce la corruption généralisée encouragée par le pouvoir. Vous constituez un repère majeur pour notre jeunesse. C'est pour cela qu'il faut, comme de nombreux internautes vous ont demandé de le faire, dire la vérité, rien que la vérité, toute la vérité. Libérez votre conscience en nous disant qui sont ces faussaires. 

Rachid Slimani :   Bravo, bravo pour votre courage de dénoncer les suceurs de sang des Algériens malgré votre âge et votre santé fragile vous avez eu le cran et l'audace de dire tout haut tout ce que les Algériens pensent tout bas. Le jour viendra où cette Algérie de 1 million et demi de martyrs revivra et ce jour tous ceux qui pensent comme vous et Dieu sait qu'ils son très très nombreux vous béniront. 

Brahim : Miliana est fière de tous ses enfants qui ont toujours dénoncé l'oppression. Hier, ils avaient pour nom Mohamed Bouras, Ali La Pointe, Youcef Damardji, Mustapha Ferroukhi entre autres, aujourd’hui, ils s'appellent Mohamed Benchicou, Benyoucef Mellouk. Que la baraka de Sidi Ahmed Benyoucef, le saint patron de Miliana, vous accompagne. 

Khaled Djabrane : Vous avez bravé le danger à main nu. Il est dit que le sage ne fuit pas le danger mais il ne l'affronte pas inutilement. Dans votre cas je ne saurai appliquer ce même proverbe qui s'avère inapproprié car apparemment il faudra un qualificatif qui va au delà de la sagesse pour restituer la portée de votre action. Je ne peux que m'incliner devant votre courage (que je n'ai pas par ailleurs)et vous avez droit à tout mon respect. Le vin étant débouché, continuant dans la lancée pour dénicher ces faux frères placés par la France après son départ en vu d'assurer la continuité de ses intérêts. Pourront-ils continuer à mentir à tout le monde pendant tout le temps? 

Boualem : Je n'ai pas de questions à poser, je n'ai pas de conseil à vous donner je veux simplement saluer votre honnêteté, votre courage et votre pugnacité dignes des martyrs et des vrais moudjahiddines de 1954-62.

Mok : Mr Mellouk, d’ores et déjà vous avez marqué d’une encre indélébile votre temps ,votre camp,celui des valeureux combattants et héros de l'Algérie éternelle. les traitres, les fossoyeurs sont démasqués à jamais grâce à des gens comme vous qui ont l’Amour, l’honnêteté la vérité à offrir à ce peuple épris des valeur des hommes libres. Votre audace à défier Goliath ne fait que démontrer votre grandeur comparée au nain c'est cela que retiendront les mortels que nous sommes ainsi que l'histoire... En somme votre sacrifice n'est pas vain car il s'inscrit dans la droite ligne de nos héros dont le peuple se reconnait... Gloire à vous !!!

Dz.can : Monsieur Mellouk, je salue votre courage et votre sens de la dignité. La peine à laquelle ces voyous vous condamnent n'a aucune valeur devant la grandeur de votre personnalité et vos actions très courageuses. Je suis de tout coeur avec vous et sachez que de nombreux algériens dignes et authentiques éprouvent une grande admiration pour vous, car vous avez su défendre et honorer le combat de nos véritables héros de la révolution. Votre action est d'une valeur inestimable. 

Hacene : J'ai honte de Nous, peuple Algériens, qui crions nôtre fierté démesurée alors que des injustices effarantes sont commises sous nôtre nez en toute impunité. On est des grandes gueules mais, nous n'avons pas les bras longs. Mr Mellouk et d'autres qui vous ressemblent, êtes peu nombreux malheureusement pour faire pencher la balance du bon coté : pour l'instant on est plus un tas de mouche qu'un tas d'abeilles. Gloire à vous autres, qui avez encore le sens du sacrifice et du don de soi. En attendant, les Algériens sont dopés avec l'équipe nationale à coup de millions et l'Algérie continue sa descente aux enfers.   

Rabah Mansour : Mr Mellouk, vous êtes rentré dans l'Histoire comme celui qui a refusé de manger au râtelier des corrompus et qui cherche la Vérité. Vous avez montré au peuple le vrai visage de ces pseudo-révolutionnaires qui ont trahi nos valeureux chouhadas.Abane et Benmhidi doivent se réjouir là où ils sont.

Alilou : Vous avez tout sacrifiè pour les dénoncer, rares sont les hommes de votre stature, mais ce sacrifice n'est pas parti en vain, tout ce qui vous reste a faire est de publiez la liste, on est a l'ère du net cette merveille n'a pas de police, ni de frontières. J'espère qu'il y aura encore des homme comme vous pour continuer a porter le flambeau de nos valeureux martyres, Dieu saura reconnaitre les siens. Est-ce que il ya des choses que nous puissions faire pour les démasquer et les juger comme des traitres a la nation? Merci pour l'exemple a suivre.

Zino : Mr Mellouk je vous informe que je garde bcp d'articles de journaux que la presse vous a consacrés depuis des années. Votre combat est exemplaire et édifiant. Je suis convaincu qu'il y'a énormément de gens qui le suivent. Ma question est simple: du moment qu'on continue a vous persécuter jusqu'à présent, pourquoi ne pas divulguer la liste nominative des traitres? Le peuple en qui la justice est faite en son nom, doit savoir qui sont ces traitres qui la manipulent 

Nostra : Mr Mellouk vous êtes l'une des personne qui me donne envie de rester debout et d'avoir la tête haute malgré que le combat est dur, alors que Dieu vous protège et soyez sur que je fais partie de bcp de gens qui sont derrière vous et qui vous soutiennent.

PLD : Monsieur Benyoucef Mellouk, le Parti pour la Laïcité et la Démocratie salut votre combat pour un Etat de droit en Algérie et vous renouvelle son entière solidarité. P/le Bureau National du PLD.

Benbrahim : Si Mellouk, que Dieu vous garde et multiplie les hommes de votre trempe car notre pays en a grand besoin en ces temps de corruption, de vilénie, d'imposture et de forfaiture généralisées. Je ne vous pose pas une question que vous pourriez éluder mais je vous conjure de nous donner ici et maintenant le noms des magistrats et "personnalités" qui ont recouru au procédé odieux du faux et usage de faux pour obtenir avec de faux témoignages le statut de moudjahid. Libérez vos âme et conscience et éclairez ceux, qui seront appelés demain à les défendre. Sinon vos fossoyeurs d'aujourd'hui vont avoir le beau rôle après votre disparition.

 

LE MATIN dz le 18 Avril, 2010

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 Benyoucef Mellouk répond à vos questions
Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 773 il y a ... jours 17.04.2010 22:34:17

 


C’est l’homme qui divulgua le scandale des « magistrats faussaires » et qui n’en finit pas de payer pour cette audace. Benyoucef Mellouk vient d’être condamné une nouvelle fois à 4 mois de prison ferme par la Cour d’appel d’Alger. Cet ancien fonctionnaire au ministère de la Justice est harcelé depuis 18 ans, chassé de son travail et déchu de ses droits. Gravement malade, il est réduit à la misère pour un « crime » impardonnable : avoir brisé la loi du silence.

Il a désigné ces agents de l’administration coloniale en Algérie et au Maroc qui deviendront, dès l’indépendance, des serviteurs zélés du régime autoritaire, après avoir falsifié des attestations de participation à la guerre de libération nationale.

Malgré  des preuves irréfutables, cette forfaiture reste couverte au plus haut niveau de l’Etat, avec la complicité d’un parlement servile et d’une « famille révolutionnaire » à gages. 

Benyoucef Mellouk répond aux questions des lecteurs du Matindz.
Envoyez vos questions avant dimanche 18 avril midi.

 

LE MATIN dz

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 Algérie : De la montée en puissance de la répression policière dans un pays en pleine crise sociale
Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 773 il y a ... jours 17.04.2010 22:27:45

 

jeudi 8 avril 2010, par S.I.

Le réseau des syndicats EuroMaghreb a décidé, lors d’une réunion en janvier, au regard de l’évolution de la situation sociale et du témoignage des syndicalistes autonomes, d’organiser une délégation de soutien et d’observation à Alger au mois de mars 2010.

Le but de cette délégation était, outre l’expression d’une solidarité internationale, de collecter le plus de témoignages et d’informations possibles sur l’évolution de la situation sociale et sur l’attitude du pouvoir algérien face aux mouvements syndicaux.

Nous avions notamment été alertés par le refus de visa par le consulat français général d’Annaba au représentant du Snapap, membre du réseau, qui devait participer à cette réunion.

À ce jour, nous n’avons toujours pas reçu de réponses satisfaisantes concernant les raisons de ce refus de la part des autorités consulaires françaises. Le consul général d’Alger, qui a reçu l’un des membres de la délégation, nous a cependant assuré que les autorités françaises n’avaient reçu aucune consigne de « blocage » des visas pour les autonomes algériens.

Des représentants de la CGT espagnole, de la CNT et de l’Union syndicale solidaires ont ainsi pu rencontrer l’ensemble des actrices et acteurs de l’Intersyndicale de la fonction publique autonome, des militants de la défense des droits de l’homme, des journalistes d’El Khabar et d’El Watan ainsi que des employés licenciés pour activités syndicales dans des multinationales présentes au sud du pays, notamment à Hassi-Messaoud.

À noter également, les organisations syndicales présentes sont adhérentes du Comité international de soutien aux syndicats autonomes algériens (CISA).

Le but de ce rapport est de dessiner une image la plus fidèle possible de la situation sociale en Algérie. D’emblée, nos conclusions nous amènent à constater une nette dégradation de celle-ci, liée à la paupérisation croissante de la population et à la répression accrue des mobilisations des principales forces démocratiques, les syndicats autonomes de l’éducation et de la santé principalement.

État des lieux en Algérie une société civile atomisée, la montée des émeutes et de la révolte dans une population paupérisée

Le salaire mensuel moyen algérien correspond à 120 euros environ. Or le coût de la vie à Alger est l’équivalent de celui de Marseille aujourd’hui. Les denrées alimentaires de base deviennent inaccessibles, se loger est très difficile également, en raison du manque de logements suffisants et du prix de ceux encore disponibles. Le salaire mensuel moyen d’un enseignant oscille entre 250 et 350 euros.

Les classes moyennes, si elles peuvent encore être appelées ainsi, ont été très durement touchées par cet effondrement du pouvoir d’achat lié à une inflation galopante. Le taux de chômage chez les jeunes de moins de 25 ans est de près de 40 % ! Pourtant, l’Algérie a aujourd’hui remboursé sa dette extérieure, le PIB est positif et le pays dispose de près de 150 milliards de dollars de réserves, essentiellement déposés sur des comptes à l’étranger. Les réserves en hydrocarbures (qui assurent 98 % des exportations) sont également importantes.

Comment expliquer cette situation ? Il est évident qu’une partie de ces ressources sont captées depuis des années par une minorité au pouvoir, au sein de laquelle les gradés du DRS (Direction du renseignement et de la sécurité), la police politique omniprésente, sont les premiers à se servir. La prétendue et très médiatisée lutte anticorruption qui est sensée se jouer aujourd’hui en Algérie ne saurait masquer un état de fait : dans le pays, la corruption est « sponsorisée par l’État », à tous les niveaux, comme le remarquait l’un de nos interlocuteurs.

Il n’est donc pas étonnant que des émeutes éclatent de plus en plus fréquemment dans tout le pays, que ce soit à la suite d’une coupure d’électricité ou d’un match de foot perdu, ou encore pour protester contre l’état des routes, le manque de logements, etc. Ces émeutes atteignent aujourd’hui certains quartiers d’Alger.

Lors de nos entretiens, les membres de la LADDH (Ligue algérienne de défense des droits de l’homme) ont insisté quant à eux sur l’atomisation de la société civile algérienne, due en partie à des raisons historiques et en partie à la volonté du pouvoir de restreindre les espaces de dialogue et de revendications entre les citoyens.

Pendant la colonisation, le tissu de la société algérienne se composait essentiellement de différentes minorités (ethniques, politiques et religieuses). Ce morcellement s’est reproduit après l’indépendance. Ainsi, selon l’un des membres de la LADDH, l’Algérie est encore aujourd’hui une « société de minorités dans un régime néocolonialiste ».

Une élite dominante a livré le pays, notamment, aux multinationales étrangères en se servant grassement au passage.

Les seuls espaces d’expression et de débat restent les salles des professeurs ou les salles de repos dans les lycées et hôpitaux, par exemple. Il y a encore la solidarité familiale, nécessaire tout simplement à la survie de certains travailleurs dans ce contexte économique, mais plus de solidarité civile.

La grande majorité des associations sont sous contrôle et ne servent que de façade sociale au régime. De même, l’information est contrôlée, la désinformation une règle dans beaucoup de journaux aux ordres. Les deux principaux quotidiens indépendants, qui ont leurs propres infrastructures d’édition, sont El Watan (en français) et El Khabar (en arabe).

Ils témoignent régulièrement de la répression qui frappe les syndicats autonomes. La plus grande difficulté que rencontrent les journalistes, selon le témoignage de ceux d’El Khabar, est la collecte d’informations vérifiables de façon rigoureuse.

Il n’y a pas de fluidité et de transparence dans la circulation des informations dans le pays. Il faut aussi se méfier des rumeurs, des fausses informations destinées à intoxiquer l’opinion publique ou à brouiller une réalité gênante dans les sphères du pouvoir. Faire circuler de fausses informations permet ainsi de discréditer les organes de presse.

Les journalistes évoquent ensuite une importante pression sociale aujourd’hui dans le pays. Après une longue période dominée par une grande léthargie, les revendications se multiplient.

L’embellie financière, comme nous le remarquions, n’a pas été suivie d’une évolution palpable dans le domaine social. Ainsi, l’écart entre la situation sociale et la situation économique réelle s’est accentué. Les droits civiques élémentaires (droit au logement, accès aux soins, niveau de vie…) sont toujours moins garantis et ce malgré les promesses de changement. La société civile ne reconnaît plus ses représentants : partis, centrale syndicale historiquement aux ordres (l’UGTA), syndicats prétendument autonomes qui font un travail de sape systématique en brouillant les repères et les distinctions dans l’espace public, associations vendues…

Sur quoi cela va-t-il aboutir ? Le pouvoir a créé un vide, le système est arrivé à une impasse. Dans un pays en pleine tourmente sociale, les forces de résistance démocratique risquent bien de subir les premières un resserrement par des tentatives de plus en plus violentes de mise au pas.

Grèves et mouvements sociaux initiés par les syndicats autonomes Stratégies du pouvoir et montée en puissance de la répression

La délégation a pu rencontrer durant son séjour les représentant-e-s des syndicats autonomes de l’Intersyndicale de la fonction publique : le SNAPAP (Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique, dont le président est Rachid Malaoui), la coordination des sections CNES (Conseil national de l’enseignement supérieur, CNES authentique, à ne pas confondre avec son clone gouvernemental), le SATEF (Syndicat autonome des travailleurs de l’enseignement et de la formation, lui aussi doublé d’un clone), le CLA (Conseil des lycées d’Alger), le Conseil des enseignants contractuels (SNAPAP), le SPEPM (Syndicats des professeurs de l’enseignement paramédical) et le Comité des femmes (SNAPAP).

Nous avons également pu rencontrer le CNAPEST (Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique, à ne pas confondre avec le SNAPEST), alors en pleine grève (voir communiqué du CISA ci-après) ainsi que le SNPSP (Syndicat national des praticiens de la santé publique) et le SNPSSP (Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique), eux aussi en grève lors de notre visite.

Dans le secteur de la santé et de l’éducation, depuis 2009, il y a plusieurs mouvements significatifs et suivis par les travailleurs.

Ces mouvements sont dus pour l’essentiel aux initiatives des syndicats rencontrés et ont fait l’objet de nombreuses tentatives d’intimidation et de répression de la part du pouvoir (matraquages, gardes à vue, suspensions, poursuites judiciaires, menaces de retrait de l’agrément du syndicat, etc.).

Il faut noter encore que des grèves ont également été menées dans d’autres secteurs de la fonction publique – les enseignants et travailleurs de la formation professionnelle, les enseignants contractuels, les travailleurs communaux par exemple –, qui ont aussi dû faire face à la répression et à de nombreuses pressions.

Bref rappel de la situation syndicale en Algérie

Jusque dans les années 1990, il n’existait depuis l’indépendance en 1962 qu’une centrale syndicale autorisée par le pouvoir et à ses ordres : l’UGTA (Union générale des travailleurs algériens). La brève période d’« ouverture démocratique » (de février 1989 à juin 1991) a permis, grâce à la loi 90-02 sur le pluralisme syndical, la naissance des premiers syndicats autonomes : le Snapap et le Satef. Ces syndicats sont d’abord vus par le pouvoir comme un moyen d’enrayer le développement des syndicats du FIS (Front islamique du salut).

Mais après le coup d’État militaire de janvier 1992 et durant les terribles « années de terreur » qui suivront (et qui feront quelque 200 000 morts), puis surtout à partir de l’adoption en septembre 2005 de la « Charte pour la paix et la réconciliation nationale », les syndicats autonomes vont devenir les principales forces de résistance démocratique dans le pays. Désormais gênants et donc indésirables, ils vont subir des pressions croissantes et des harcèlements quotidiens. D’autant plus que le maintien de l’état d’urgence (adopté en février 1992 et toujours en vigueur aujourd’hui) permet d’interdire les réunions publiques, les manifestions et autres rassemblements. Le pouvoir va aussi s’efforcer de corrompre des cadres de ces syndicats et de créer par diverses manoeuvres des organisations « clones »1.

Cette stratégie vise non seulement à affaiblir voire à détruire les autonomes (le CNES en a fait les frais au début des années 2000), mais aussi à brouiller les repères et à discréditer le véritable travail syndical : « négociations » des clones avec le pouvoir en vue d’accords de façade, brouillage des sigles et des réalités auprès des travailleurs et d’une presse trop souvent silencieuse sur ces réalités.

Force est de constater que cette stratégie a une certaine efficacité, comme en témoigne la situation actuelle et le relatif affaiblissement de certains syndicats autonomes. En témoigne aussi la situation dans l’Intersyndicale de l’éducation aujourd’hui et le déroulement des dernières grèves dans le secteur.

Grèves dans le secteur de l’éducation

Les syndicats autonomes de l’éducation sont réellement représentatifs dans le secteur, principalement parce qu’ils sont les seuls à lutter réellement. En 2003 et 2004, une grève qu’ils avaient organisée a été suivie par près de 90 % des personnels à Alger et dans certaines régions.

Ce secteur doit faire face à de nombreuses réformes depuis quelques années, réformes en partie pensées à partir des recommandations de l’OMC (il s’agit évidemment de restructurations visant à réduire les budgets au détriment de la qualité de l’enseignement, comme dans d’autres secteurs, dont aujourd’hui celui de la santé).

En outre, le salaire des professeurs titulaires est très insuffisant, celui des contractuels encore plus précaire, quand il leur est versé — certains ont attendu parfois des mois avant de le recevoir (dans la wilaya de Béjaïa, certains enseignants contractuels n’ont pas été payés pendant trois ans) —, c’est ce qui a conduit à la grève de la faim une partie d’entre eux, des femmes essentiellement, pendant quarante jours en 2008.

Ils réclament également leur titularisation dans la fonction publique, l’ouverture de postes aux concours (ce que le pouvoir ne fait qu’au compte goutte), la transparence dans l’attribution des postes et une couverture maladie.

A l’automne 2009, le 15 novembre précisément, à l’initiative du Cnapest, les autres syndicats autonomes entament une grève, largement suivie dans tous les niveaux du secteur de l’éducation.

Après des annonces du ministère, notamment l’accord de primes supplémentaires, certains syndicats décident de geler la grève tandis que les autres préfèrent continuer dans l’attente de la signature effective de textes. Profitant de cette division, le pouvoir fait publier des fiches de paye d’enseignants, au contenu plus que douteux, afin de retourner l’opinion publique contre les grévistes.

La manœuvre fonctionne, accentue les divisions et les derniers syndicats autonomes en grève décident de reprendre le travail… sans avoir obtenu gain de cause en définitive.

Le 24 février, le syndicat autonome Cnapest, avec un autre syndicat du primaire, l’Unpef, entame à nouveau une grève (voir le communiqué qui suit). Le pouvoir la brise par des manœuvres qui montrent une escalade dans le choix des moyens de répression. Une semaine auparavant, le Snapest, à grand renfort de déclarations publiques, lance seul une grève qui se solde par un échec.

Le Snapest (en réalité un « clone » contrôlé par le pouvoir) ne participera pas à celle qui est lancée le 24….

Aujourd’hui, l’intersyndicale des autonomes de l’éducation apparaît divisée, les manœuvres des clones syndicaux ainsi que l’appareil répressif mis en place par le pouvoir ont affaibli le mouvement.

Comment la police politique a fait pression sur des syndicalistes pour arrêter la grève dans l’éducation (Communiqué du CISA)

Le 9 mars 2010, les enseignants syndicalistes du Cnapest (Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique) ont décidé de suspendre leur grève.

Massivement suivie dans tout le pays, cette grève aura duré quinze jours. Les revendications des grévistes portaient notamment sur le régime indemnitaire, la gestion des oeuvres sociales et les conditions de travail (salaires dérisoires, suivi des enseignants par la médecine du travail…).

Le CISA, qui a pu recueillir le témoignage de nombreux syndicalistes, tient à faire connaître et à dénoncer les pressions inadmissibles et illégales auxquelles ils ont été soumis de la part du pouvoir pour les contraindre à reprendre le travail : ponctions sur les salaires, menaces de « retrait d’agrément » du Cnapest (alors qu’au regard de la loi, l’agrément du gouvernement n’est pas nécessaire pour fonder un syndicat), menaces de radiation massive des grévistes (mais où trouver dès lors près de 50 000 enseignants ? Cela montre le peu de cas que le pouvoir fait de la qualité de l’enseignement).

La grève a enfin été déclarée « illégale » par une cour d’Alger aux ordres (là encore, décision elle-même totalement illégale). Jusqu’à présent, le pouvoir s’était contenté d’ordonner l’arrêt de certaines grèves, et cela dans l’illégalité encore.

Mais face à cette grève particulièrement déterminée, l’escalade des pressions a atteint un sommet avec des menaces directes formulées par des officiers de la police politique (le DRS, Département du renseignement et de la sécurité, ex-Sécurité militaire) sur les responsables du Cnapest. Ces activités de basse police montrent que le pouvoir algérien entend toujours gérer les conflits sociaux par l’intimidation et la violence.

Le CISA constate donc une escalade dans le harcèlement et la répression que subissent les syndicats autonomes algériens et, plus généralement, toutes les forces qui luttent pour plus de démocratie et de justice dans le pays. Le CISA dénonce fermement les manœuvres des appareils sécuritaires et notamment de la police politique, visant à briser une grève à la fois légitime et légale.

Ces pressions révèlent à nouveau, s’il en était besoin, la nature du pouvoir réel en Algérie, détenu par les chefs d’une police politique qui instrumentalise un gouvernement et une justice aux ordres, et qui n’hésite pas à leur faire bafouer ouvertement les lois d’une « démocratie » de pure façade.

Le CISA réaffirme son soutien sans réserve aux syndicats autonomes algériens.

Grève dans le secteur de la santé

Le 23 novembre 2009, à l’appel du SNPSP et du SNPSSP, les professionnels de la santé se mettent en grève et n’assurent plus qu’un service minimum qu’ils ont eux-mêmes organisé.

La grève est devenue illimitée le 21 décembre. Les revendications portent sur une réévaluation des grilles de salaires, des régimes indemnitaires et des logements de fonction. Un généraliste gagne environ 300 euros par mois, un spécialiste 400.

Les grévistes dénoncent aussi une réforme qu’ils considèrent comme une privatisation larvée du système hospitalier et du système de santé en général. Le tableau qu’ils nous ont dressé de l’accès aux soins et des carences de moyens est déjà consternant dans son état actuel.

Comme pour les enseignants, la grève a été déclarée illégale par une cour de justice d’Alger Une campagne de diffamation a été orchestrée par le pouvoir afin de discréditer le mouvement. Les syndicats ont aussi été menacés de retraits d’agréments et les grévistes de radiation, en sus des retenues sur salaire.

Le 10 février 2010, un sit-in de protestation devant le palais présidentiel a été violemment réprimé par la police et la garde mobile ; des femmes ont été bousculées violemment par les policiers, rapporte El Watan dans son édition du 11 mars.

À l’heure où ce rapport est rédigé, les professionnels de la santé sont toujours en grève, celle-ci est la plus longue de l’histoire des mouvements sociaux en Algérie. Dans ce cas aussi, les témoignages portant sur les pressions et les menaces du pouvoir pour faire cesser la grève sont nombreux…

Droits des femmes : Le bilan dressé par le Comité des femmes du Snapap

Les principaux combats du Comité des femmes portent d’abord sur les violences et les différentes formes de harcèlement que subissent les femmes sur leur lieu de travail. Il n’y a pas de loi les protégeant de ces agressions ! Celles qui osent porter plainte sont en général condamnées par la justice pour diffamation, parfois à de la prison avec sursis et perdent leur travail, sans grand espoir d’en retrouver un autre.

Le Comité vient d’élaborer un questionnaire sur le harcèlement dans le milieu professionnel, qu’il entend bien diffuser très largement dans le cadre d’une campagne de sensibilisation sur ce sujet.

Les représentantes du Comité évoquent une situation pire encore dans les multinationales. Les cas de harcèlement administratif et sexuel y sont encore plus nombreux.

Meryem Medhi, en grève de la faim pendant 79 jours (à partir du 9 décembre 2009), a contribué à lever le voile sur les conditions de travail dans ces firmes ; elle a été licenciée par British Gas en raison de ses activités syndicales (voir plus loin).

Les membres du Comité dénoncent également la législation portant sur les congés maternité dans la fonction publique, législation qui consacre la discrimination sexuelle. La loi accorde 98 jours pour ces congés, ce qui est court, d’autant plus qu’il y a une carence en matière de crèches et de garderies dans tout le pays.

Pendant le congé, le salaire est suspendu et versé au retour au travail. Sachant qu’une boîte de lait coûte 3 euros et jusqu’à 7 euros pour les laits réservés au traitement de pathologies, la situation est invivable pour les mères actives (et aussi celles qui ne travaillent pas !).

Tout est fait pour les dissuader de travailler, donc, et les cantonner au foyer domestique, ainsi que pour dissuader les femmes qui travaillent d’avoir des enfants. Par ailleurs, le Comité dénonce la précarité de l’emploi des femmes.

Elles sont beaucoup plus nombreuses que les hommes à devoir se satisfaire de contrats précaires. Pour les contractuelles (équivalent de CDD), pas de couverture en cas d’accidents du travail ou de maladie, ni de congés maternité (si elles sont malades et ne viennent pas travailler, elles ne sont pas payées et elles risquent aussi de perdre leur emploi). Les contrats à temps partiel et les vacations à l’heure sont aussi beaucoup plus nombreux, notamment pour les femmes d’entretien.

Le Comité prépare également une campagne sur « L’égalité des chances » professionnelles pour les femmes, afin de dénoncer les limites qui leur sont imposées dans leur progression professionnelle : alors que les diplômés sont majoritairement des femmes, on ne les retrouve que rarement dans des postes de direction. Par ailleurs, si la loi prévoit la parité, elle n’est appliquée nulle part dans les faits : au Sénat, par exemple, il y a seulement 4 sénatrices sur 48 ; au Parlement, seulement 25 % de femmes ; dans les assemblées locales, 13 %, alors que plus de 54 % du corps électoral est composé de femmes.

Dans les multinationales du sud du pays, l’esclavage moderne et la répression de toute contestation avec l’aval de la justice et de l’UGTA

Si les droits syndicaux sont bafoués et les mouvements sociaux cassés dans la fonction publique, la situation est encore plus catastrophique pour les personnes qui tentent de revendiquer un minimum de droit dans les filiales des multinationales présentes dans le Sud algérien, zone d’exploitation des hydrocarbures (gaz et pétrole).

Il n’existe en effet pas vraiment de droit du travail pour les travailleurs de ces multinationales. Les patrons de ces entreprises agissent comme bon leur semble. Cela aboutit à des horaires de travail extensibles (12 heures par jour au lieu de 8 par exemple, les heures supplémentaires n’étant que rarement payées), à des conditions d’hébergement et d’hygiène indignes3, à des différences de traitement entre expatriés et travailleurs algériens (primes et durée de repos inférieures par exemple), au mépris et à des insultes envers ces travailleurs.

Face à cette situation, dans plusieurs entreprises, des travailleurs ont décidé de faire valoir leurs droits. Si le combat de deux d’entre eux a été fortement médiatisé depuis 2009, y compris à l’extérieur de l’Algérie (Meryem Medhi et Yacine Zaïd), d’autres ont également revendiqué des droits en créant une section syndicale UGTA (alors qu’il n’est pas possible de créer un syndicat autonome dans le secteur privé). La réponse, pour chacun d’entre eux, a été le licenciement.

Nous n’avons pu rencontrer Meryem Medhi qui, après 79 jours de grève de la faim, a obtenu un protocole d’accord avec British Gas deux jours avant notre arrivée. Pour elle, « tout a commencé en 2008, des conflits répétés avec les responsables, qui me considéraient comme une menace, vu que je demandais des promotions et des augmentations de salaire ainsi que des formations, comme le stipulent mon contrat et le règlement intérieur de la compagnie. De 2007 à 2009, je n’ai bénéficié en tout et pour tout que de 4 000 DA d’augmentation, ce qui n’est rien comparé aux collègues.

Concernant les rotations de plusieurs jours, voire des semaines, que j’ai faites en extra, la direction des ressources humaines a décidé de ne pas me les payer. Bien que la loi stipule un paiement double pour chaque jour travaillé5 ».

Face à ses revendications, British Gas l’a tout bonnement licenciée en novembre 2009. Nous avons en revanche pu rencontrer Yacine Zaïd (ancien employé à Hassi-Messaoud d’Eurest/COMPASS, société française de restauration collective) et deux anciens ouvriers de WeatherFord International (société américaine spécialisée dans le forage et la prospection offshore), à Hassi-Messaoud également.

Une section syndicale UGTA a été constituée en décembre 2006 dans l’entreprise de Yacine Zaïd (1 400 adhérents) et il en a été élu secrétaire général. Eurest a refusé de la reconnaître, nié tous les droits de cette section syndicale et menacé les salariés, notamment les plus précaires. Deux inspecteurs du travail venus le constater se sont faits recevoir à coups d’insultes par la direction locale de l’entreprise.

En avril 2007, la direction d’Eurest a déposé plainte contre le secrétaire général de la section syndicale pour « insulte et injure » (affaire montée de toute pièce), plainte qui a abouti à une condamnation en décembre 2007 (amende de 10 000 dinars), les témoins de Yacine Zaïd n’ayant pu venir témoigner au procès.

Par ailleurs, par l’intermédiaire du bureau de wilaya de l’UGTA de Ouargla, la section syndicale a été gelée et son secrétaire général a été suspendu pour une durée indéterminée en juin 2007.

Par la suite, diverses plaintes ont été déposées, notamment pour diffamation sur Internet. Yacine Zaïd a été condamné à trois mois de prison avec sursis et 220 000 dinars d’amende en juin 2008 et a comparu cinq fois devant les juges d’Ouargla et de Hassi-Messaoud en novembre de la même année pour la même affaire (accusation de « menace de mort par mail »).

En mars 2009, la plainte d’Eurest a été rejetée. Un appel a été déposé et rejeté également. Le DRH d’Eurest a redéposé une plainte avec la même accusation.

Rebelotte : passage devant les juges une dizaine de fois entre novembre 2009 et février 2010 pour la même affaire. On peut ainsi noter l’acharnement judiciaire et le manque de soutien de l’UGTA pour les membres d’une de ses sections.

Les ouvriers de WeatherFord International, sous-traitant de la grande entreprise nationale Sonatrach, ont eux aussi voulu monter une section syndicale UGTA dans leur entreprise. Ils demandaient à être traités sur un pied d’égalité avec les expatriés (même prime, même temps de repos, etc.). Si dans un premier temps, le directeur local a fait des compromis, ce dernier a été remplacé et son remplaçant est revenu sur toutes les avancées.

Une fois la section syndicale constituée, les dix-huit membres restants du bureau ont été licenciés en novembre 2008. Or ils exerçaient des emplois spécialisés que seule cette entreprise propose.

Les ouvriers rencontrés insistent aussi sur l’arbitraire des primes de licenciements versées : l’un, après treize ans de travail, s’est vu attribuer 150 000 dinars ; l’autre, travaillant au même poste, 910 000 dinars après six ans de travail.

Ces syndicalistes nous ont expliqué que personne ne porte plainte contre ces exactions : les entreprises de sous-traitance de la main-d’oeuvre sont en général la propriété de pontes du DRS… Intérêts croisés qui profitent bien aux multinationales…

Face à ces atteintes aux droits syndicaux et plus largement aux droits des salariés, un Comité national pour la défense des droits des travailleurs va être créé, affilié au Snapap, pour défendre et soutenir les salariés qui travaillent dans des conditions difficiles pour des multinationales dans le Sud algérien.

L’élaboration en cours d’un code du travail et la menace qu’elle fait peser sur les droits des travailleurs.

Nous avons également rencontré un député du RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie, un parti de l’opposition « laïque » qui a longtemps été un soutien actif du pouvoir), lequel nous a informé qu’un code du travail était en cours d’élaboration, l’intention déclarée étant d’unifier des règlements épars en un seul code. Au moment de notre entretien, personne en dehors des membres du groupe de travail, dont fait partie l’UGTA, n’avait eu accès au contenu prévisionnel de ce code. Cependant, des doutes planent sur la réelle prise en compte des droits des salariés et des reculs quant à ces droits ne seraient pas très surprenants…

Stéphane (Solidaires) et Valérie (CNT)

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 Humiliations et licenciements abusifs dans le Sud du pays
Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 786 jours 04.04.2010 00:09:38

 

 

 

 

Les pratiques scandaleuses de Petrojet, Weatherford, Im Swaco, Algesco, Bechtel et les autres


Plusieurs centaines de travailleurs, notamment ceux exerçant dans de puissantes multinationales pétrolières au Sud du pays se plaignent des mauvaises conditions de travail et à subir les représailles des dirigeants de ces sociétés qui leur dénient le droit  de créer un syndicat

Il ne fait pas bon d‘être salarié dans une compagnie pétrolière étrangère par ces temps qui courent. Travailler et se taire ou à la porte. C‘est le choix laissé à ces travailleurs qui ne savent plus à qui s‘adresser pour rester dignes, exercer leur métier selon la législation du travail et sans épée de Damoclès suspendue sur leurs têtes.
Nous sommes inondés de dossiers de plaintes déposées par des salariés « », a déclaré, des compagnies pétrolières étrangères exerçant en Algérie hier au Midi Libre, Yacine Ziad, membre fondateur du Comité national pour la défense des droits des travailleurs, créé depuis peu. Selon ce a été le déclic et surtout un responsable, la création du comité « » pour ces travailleurs qui revendiquent des conditions de repère ». Ils sont, créer un syndicat travail décentes et la possibilité de « plusieurs centaines de travailleurs, notamment selon Yacine Ziad, « ceux exerçant dans de puissantes multinationales pétrolières au Sud du pays à se plaindre des mauvaises conditions de travail et à subir les représailles des dirigeants de ces sociétés qui leur dénient le droit de créer un syndicat».

Ces sociétés qui ne respectent pas les lois algériennes
Schlumberger, Waterford, Emflaco, Algersco, Beechtel, Compass,  les compagnies qui se distinguent par « Butterhug et Petrojet, sont », des pratiques scandaleuses à l‘égard des travailleurs algériens souligne le membre fondateur du Comité national pour la défense des » à faire face à ce son impuissance droits des travailleurs qui avoue « déferlement de plaintes des salariés algériens à l‘encontre de leurs  pour Nous manquons terriblement de moyens employeurs étrangers. « venir en aide à ces travailleurs dont plusieurs ont été licenciés les multinationales abusivement», se plaint-il, regrettant que « pétrolières font peu cas des décisions de justice qui prononcent leur ». Avec la création du Comité national pour la défense réintégration des droits des travailleurs, les langues des travailleurs commencent à se délier pour revendiquer leurs droits. Jusqu‘à une période très récente, les travailleurs du Sud, employés des compagnies pétrolières », la création d‘un syndicat au sein de taboue étrangères, estimaient « un salarié de ces puissantes ces entreprises. Et s‘il venait l‘idée à « compagnies de lancer un syndicat, il est licencié sans autre forme de les », s‘indigne Yacine Ziad qui laisse entendre que « procès dirigeants de ces sociétés s‘appuient sur la justice et les inspecteurs de travail pour se tirer à bon compte s‘il y a une plainte devant ». Il se rappelle que l‘inspection de travail ou une action en justice le problème des travailleurs licenciés abusivement par des compagnies étrangères opérant au Sud a été posé au ministre du Travail, Tayeb », telle a été la réponse du premier Vous devez vous organiser Louh. « responsable du département du Travail. Même avec une organisation forte, le problème se poserait toujours, insiste Yacine Ziad qui le recours à la justice et les décisions qu‘elle prononce affirme que « ». ne dérangent pas ces multinationales

Le cas de Mehdi Meriem risque de faire école
Mehdi Meriem, coordinatrice d‘administration et des Le cas de Mme opérations au niveau de British Gas à Hassi Messaoud qui a été licenciée abusivement le 08 novembre 2009 sans préavis, est révélateur des pratiques des multinationales exerçant en Algérie, particulièrement dans le Sud du pays. Son long combat pour faire valoir ses droits mérite tous les égards. Une grève de la faim qui a duré 79 jours a eu raison des atermoiements de la compagnie britannique British Gas.
Ce n‘est pas faute à la dame courage qui a tenté de régler ce litige de travail en se basant sur la législation algérienne. Malgré les divers Mehdi Meriem à la Direction générale de son recours adressés par Mme ex-employeur, aucune suite ne lui a été donnée. Aussi, elle n‘a trouvé d‘autre moyen pour faire entendre sa voix que d‘entamer une grève de la faim le 10 décembre 2009.
Derrière cette affaire, somme toute banale, comme il y en a tant d‘autres dans les sociétés qui emploient des salariés, les compagnies étrangères craignent, avant tout que si elles cèdent aux revendications d‘une salariée, qu‘elles n‘ouvrent la porte à une prise de conscience des Algériens employés par ces multinationales.
Le précédent de Mériem Mehdi risque de faire tâche d‘huile pour peu que les salariés licenciés abusivement bénéficient d‘une couverture médiatique et de relais de soutien à l‘image de celui dont a bénéficié la dame courage.

Une justice incapable d‘appliquer ses décisions
Ghomri Abdelkader, ex-employé chez Algesco Hassi Messaoud n‘a pas eu cette chance. Marié, trois enfants à charge, il a été licencié après 4 années de bons et loyaux services. Il a été chassé de son emploi, gestionnaire-magasinier, sans qu‘il sache pour quel motif est tombé cette lourde sanction et sans qu‘il soit traduit devant un conseil de J‘ai bataillé dur pour obtenir de la justice ma discipline « 5 décisions de justice », a-t-il dit, s‘indignant que « réintégration prononcées par le tribunal de Hassi-Messaoud en sa faveur n‘ont pu Hassi-Messaoud qui n‘a pas voulu fléchir le directeur d‘Algesco appliquer les décisions prononcées au nom du peuple algérien ».
Il se souvient que dès qu‘ils se pointe avec un huissier de justice chassés des locaux de la ils sont pour mettre en œuvre ces décisions, « ». L‘ex-salarié de direction par son premier responsable, un Algérien cette compagnie pétrolière opérant à Hassi Messaoud ne compte plus le nombre de déplacements dans cette dernière ville pour bénéficier de ce que la justice algérienne lui a accordé.
Peine perdue face à l‘entêtement de la direction d‘Algesco qui semble faire peu cas du respect des décisions prononcées par une juridiction algérienne. Les frais de transport en A/R Laghouat-Hassi Messaoud ont laissé sur la paille Abdelkader Ghomri.
Humilié et avec lui la justice algérienne, sans travail depuis son licenciement d‘Algesco Hassi-Messaoud, il s‘est résigné à accepter une indemnité de 200.000 DA versée par Algesco pour que, se justifie-t-il, ». Une erreur qu‘il a payée mes enfants ne meurent pas de faim « chèrement. Maintenant, il ne peut plus faire valoir son droit à la Le procureur de la République près du tribunal de réintégration. « Laghouat, auquel je me suis adressé après le refus de la compagnie Algesco d‘appliquer la décision de justice, me l‘a clairement », a-t-il dit. signifié

Révolté, Abdelkader Ghomri ne baisse pas les bras.
Il compte bien s‘appuyer sur le Comité national pour la défense des droits des travailleurs afin de relancer une autre bataille pour faire appliquer les décisions de justice et réintégrer son poste de travail qu‘il n‘aurait jamais quitté sans cette «hogra» dont il estime être victime. Il est bien plus révolté depuis qu‘il a su que le directeur de » au poste un membre de sa famille cette société étrangère a placé « duquel il a été viré sans ménagement. Hachachna Abdelkader, quant à lui, était employé à Petroget, une compagnie égyptienne. Il a subi le même sort que Abdelkader Ghomri.
Licencié au bout de cinq mois de travail au sein de cette société, son » que subissaient les à l‘humiliation seul tort est d‘avoir dit basta « employés algériens de cette compagnie opérant dans le Sud algérien. Tous les droits des L‘ex-salarié de Petroget en a gros sur le cœur. « », travailleurs algériens sont bafoués par cette entreprise égyptienne s‘est-il indigné, assurant qu‘il a alerté l‘inspecteur du travail de Hassi Messaoud et les autorités locales sur les dépassements commis par la société. Pour autant, Hachachna Abelkader ne peut expliquer le » des responsables qu‘il a interpellés sur la situation qui silence « vivent les travailleurs algériens de cette compagnie qui s‘autorise » dans la relation de travail que la législation excès bien des « algérienne interdit. Lui aussi s‘est adressé au comité national pour la défense des droits des travailleurs pour l‘épauler dans sa lutte engagée contre la compagnie égyptienne. Autre cas, autre licenciement abusif.
S. Z. était chauffeur, puis opérateur forage à Weatherford à Hassi Messaoud. Il atteste que les travailleurs algériens avaient de bons rapports avec l‘ancienne direction de la compagnie qui avait même autorisé la création d‘une cellule syndicale de la société. Il compte 8 ans de travail sans interruption au sein de Weatherford. Le climat s‘est dégradé à l‘arrivée d‘un nouveau directeur égyptien.
Cet expatrié a remis en cause tous les acquis que les travailleurs algériens ont arrachés à l‘ancienne direction et à plus forte raison la création de la cellule syndicale qui n‘était pas de son goût. L‘inspection du travail de la ville qu‘ils ont interpellée ne leur a été d‘aucun secours. Bien plus, le nouveau directeur,
« arrogant et sûr de lui, s‘est permis d‘élever la voix contre les salariés et ce, en présence du représentant du département de Tayeb », se souvient S. Z. Louh
La grève a été l‘ultime recours pour ces travailleurs pour défendre leurs acquis. Mal leur est pris car la direction a réagi en licenciant 19 parmi eux. Un licenciement qu‘ils ont contesté auprès du tribunal de Hassi Messaoud pour réclamer leur réintégration. Tout au plus, au bout de 16 mois d‘une bataille juridique, la situation n‘a pas évolué.

Pas question de réintégration et une indemnisation à la tête du client.
Pour une même affaire, le verdict rendu par une même juridiction, Hassi Messaoud et par un même juge, diffère sensiblement d‘un travailleur à C‘est un autre. Le tarif varie entre 150.000 DA à 800.000 DA. « », s‘indigne S. Z. qui reste sans voix face à ce verdict qui ne anormal Vous ne valez pas dérange nullement les dirigeants de cette société. « », telle est la réaction du directeur de Waetherdord à l‘énoncé de cher cet arrêt de la justice. Une réflexion que S.Z n‘est pas près d‘oublier
Ils sont plusieurs centaines de salariés algériens travailleurs dans des compagnies pétrolières étrangères opérant au Sud qui se plaignent du diktat qui leur est imposé.
En l‘absence d‘un cadre organisé, ils ne croient plus en l‘UGTA qui est, selon eux, complice par son silence face aux cas flagrants de licenciements abusifs dont sont victimes ces travailleurs qui ne savent plus à qui s‘adresser pour se faire entendre. Ils ne croient plus aussi en la justice qui semble incapable de faire appliquer sur le terrain ses décisions rendues au nom du peuple algérien.
Ils fondent toutefois des espoirs sur les responsables du pays pour prendre à bras- le-corps ce problème qui fait des ravages au Sud du pays. Ils espèrent que le Comité national pour la défense des droits » dont l‘impunité des travailleurs saura engager des actions pour que « jouissent ces compagnies étrangères cesse un jour.

Par : Sadek Belhocine Midi Libre

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 Schlumberger et Weatherford sont les plus dénoncées : 300 plaintes de salariés algériens contre les ...
Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 791 jour 30.03.2010 20:05:34

 


Le Comité national pour la défense des droits des travailleurs, créé récemment par des syndicats autonomes, a reçu, en moins d’un mois, plus de 300 dossiers complets de plaintes déposés par des salariés des compagnies pétrolières étrangères présentes en Algérie. Les salariés se plaignent de leurs conditions de travail notamment chez les groupes pétroliers étrangers présents dans le sud du pays, a indiqué, mardi 30 mars, à TSA, Yacine Zaid, membre fondateur de ce Comité.

 

« Le comité a reçu des milliers de plaintes de la part des salariés des groupes étrangers, mais nous avons recensé 300 dossiers complets dont 220 de la part de salariés travaillant pour une seule entreprise et victimes d’un licenciement abusive», a ajouté M. Zaid. Les compagnies Waterford et Western Gico, filiale de Schlumberger, sont les plus dénoncées par les travailleurs algériens. 

 

Le Comité national pour la défense des droits des travailleurs a été créé dans la foulée de la grève de la faim entamée par Meriem Mehdi après avoir été licencié par son employeur British Gas. Il entend défendre et soutenir les salariés qui travaillent dans des conditions difficiles dans le sud du pays, selon M. Zaid. 

 

Mohamed Belalia TSA

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 Dans Un congrès de confirmation: Bouchachi réélu à l'unanimité à la Tête de la LADDH
Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 793 il y a ... jours 28.03.2010 00:18:31

 

 

Sans surprise, le Me Mustapha Bouchachi, a été triomphalement réélu, avant-hier pour un mandat de 4 ans, à la tête de la ligue Algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH). Dans un congrès de confirmation, tenue jeudi et vendredi passé, à la maison des syndicats à Alger, plus de 150 congressistes issus de 34 wilayas ont procédé, durant la deuxième journée de cet événement, au renouvellement des différentes instances de cette organisation. Après les travaux d’ateliers, suivis des débats en plénières, les participants ont procédé durant la fin de journée, d’avant-hier, conformément aux statuts adoptés, à l’élection des 55 membres du conseil national de la ligue. Ces derniers, répartis selon la représentation géographique et le système de prorata ont juste après leur élection, au vote sur le président. Comme il y avait que Mustapha Bouchachi qui s’est porté candidat à ce post, les 55 membres du conseil national ont voté à l’unanimité sur lui, tout en scandant parfois, des slogans à la gloire du combat des droits de l’homme et accentuant dans d’autres leur hostilité à l’égard des autorités qui avaient notifier un refus sans motif, pour la demande t’autorisation, afin de tenir ce rendez-vous. « L’élection de Bouchachi s’est poser comme une évidence à tous les militants de la ligue, de point de vue des efforts qu’il a fourni pour la promotion des droits de l’homme en Algérie », nous a déclaré sur place, tout content, un militant d’Alger. « Nous somme tous avec le maître Bouchachi », a réaffirmé un autre. Lui emboîtant le pas, un militant de Ghardaia a estimé que le pari d’organiser ce congrès est gagné sur deux francs. « L’un c’est l’arrivée au terme des travaux dans la sérénité et la confiance les plus totales. L’autre c’est le renouvellement de la confiance au grand militant et frère Mustapha Bouchachi », a-t-il expliqué.
Pour les participants cette réélection ne peut que travailler davantage l’intérêt de la LADDH et celui des algériens notamment, les opprimés. S’adressant aux journalistes dans une conférence de presse, animée hier au niveau de siège de l’organisation à Alger, le président fraîchement réélu a rendu un vibrant hommage à tous les militants notamment, les jeunes qui ont contribuer fortement pour la réussite de cet événement. Toutefois il a réitéré ses condamnations vis-à-vis de l’obstination des autorités, qui continuent, selon lui, de refuser toute expression libre démocratique et autonome.

La levée de l’état d’urgence reste la préoccupation majeure de la LADDH

Interrogé sur son programme durant ces quatre prochaines années, l’orateur a indiqué que « la priorité des priorité c’est la lutte pour la levée de l’état d’urgence. Sur ce point, M. Bouchachi a fait savoir que cet objectif sera le chantier fondamental de la LADDH durant cette période. Pour l’aboutissement de cette revendication le conférencier a expliqué qu’un mécanisme sera mis en place et ce en coordination avec les membres du comité directeur qu’il désignera prochainement, les partenaires sociaux et les partis politiques intéressés par l’initiative du lancement d’une coalition nationale de lutte pour la levée de l’état d’urgence, que lui-même avec Me Ali Yahia Abdenour avaient appelé à sa constitution.
Autre que cet objectif, l’interlocuteur a noté également la poursuite du combat pour l’ablution de la peine de mort. La lutte pour la promotion des droits économique et sociaux sera également inscrite dans le programme de Me Bouchachi. Dans ce contexte il a indiqué que le combat de la LADDH était et sera toujours un combat pour la dignité de toutes les algériennes et Algériens. Sur un autre volé, il a déclaré qu’il travaillera durant ce mandat pour la dynamisation et le renforcement de toutes les structures de cette organisation. Y. A.


Quelques impressions à la fin des travaux du congrès

Ali Yahia Abdnour, président d’honneur de la ligue

L’élection du Me Bouchachi à la tête de la LADDH est un grand acquis pour la démocratie, la liberté et les droits de l’homme en Algérie. L’homme a montré par le passé son engagement, sa rigueur et son abnégation dans la poursuite du combat de la ligue. Je le félicite pour cette confiance que la base militante lui a reconnue. J’espère qu’il va réussir la mission qui sera la sienne et celle de tous les militants pour ce présent mandat.

Aissa Ourahmoune, Porte Parole du congrès

Tout d’abord je tiens à féliciter tous les militants, qui ont avec leur courage et détermination ont réussi le pari de la tenue de ce congrès. Mes remerciements également pour toutes les parties ayant répondues favorables à nos sollicitations en particulier la FIDH, le réseau Euro-Med des droits de l’homme, la ligue Tunisienne de défense des droits de l’homme et tous les invités et participants. Pour ce qui est de la réélection de Me Bouchachi, je pense qu’elle était prévisible, vu le travail qu’il a mené pour la dynamisation de la LADDH et son action visant la promotion des droits de l’homme en Algérie. En terme simple, je crois profondément que c’est le bilan de Bouchachi, durant les deux dernières années qui lui a permis d’investir un autre mandat.

Mustapha Bouchachi, président de la LADDH

Je suis ému et très touché par cette haute considération que les membres du conseil national et les congressiste viennent de m’accorder. Par ce renouvellement de confiance, ils me confient la responsabilité historique de continuer le combat entamé par la ligue en matière de la défense des droits de l’homme depuis sa création en 1985. Je dirais encore que cette réélection nous conforte dans notre volonté de défendre la dignité des Algériens, car nos valeureux martyrs se sont sacrifiés en premier lieu pour cette cause. Je tiens à les rassurer de mon engagement, à faire de mon mieux pour être à la hauteur de leurs attentes.

Recueillies par Youcef Aouchiche

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 An 1 de l’Appel du 19 mars, vers un Front pour le Changement !
Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 802 il y a ... jours 19.03.2010 23:43:44

 


« Nous, Algériennes et Algériens, signataires du présent appel, avons décidé de prendre nos responsabilités devant notre Nation et devant l’Histoire, pour en appeler à la mobilisation permanente du peuple algérien contre le pouvoir politique illégitime en place et d’œuvrer à l’instauration d’un Etat de Droit tel que défini par la déclaration historique du premier novembre 1954. »

Ainsi commence l’appel lancé le 19 mars 2009 par un groupe d’intellectuel(le)s algérien(ne)s qui décidèrent de sortir de la léthargie dans laquelle se complaisait l’élite de notre pays. Faisant écho à la Déclaration du 1er novembre 1954, cet appel se voulait une rupture radicale avec le climat de résignation qui règne dans la société algérienne. Faisant une analyse claire et sans complaisance de la nature du pouvoir qui dirige le pays depuis l’indépendance – une succession de groupes et de clans, un même système illégitime et antipopulaire – le texte se veut un refus de la politique de compromission menée par la plupart des partis d’opposition et un appel à la mobilisation permanente des Algériennes et Algériens sincères pour mener une lutte contre le pouvoir illégitime par des « moyens exclusivement politiques pacifiques et démocratiques ».

Le texte de l’Appel constitue sans conteste une référence que chaque intervenant sur LQA devrait lire et méditer afin de progresser dans la voie du changement pacifique. Enonçant clairement les valeurs et principes démocratiques autour desquels toutes les véritables forces patriotiques sont appelées à se rassembler, il définit les moyens de lutte contre le pouvoir illégitime et fait des propositions concrètes de sortie de crise, dont le terme ultime serait l’élection d’une Assemblée Nationale Constituante, première étape dans l’édification d’une Algérie nouvelle, fraternelle et prospère, celle de l’Etat de droit.

Les adhérents à l’Appel ont foi en les capacités du peuple algérien à prendre sa destinée en main. Ils savent, cependant, qu’un long et patient travail d’éveil des consciences, de mobilisation et d’éducation doit être mené par les élites saines et éclairées pour parvenir au but tant désiré : la souveraineté du peuple, à travers l’Etat de droit. Chaque Algérienne, chaque Algérien se doit de vaincre la peur qui l’habite et le paralyse et l’égoïsme qui l’empêche de voir l’intérêt de la communauté avant le sien propre afin de se réapproprier ses droits inaliénables. La sensibilisation et la mobilisation aussi larges que possible de l’opinion publique nationale et internationale et la diffusion de « nos idées, de nos propositions et de nos revendications pour l’avènement de la Dignité et du changement dans notre pays » sont les moyens jugés les plus appropriés pour atteindre les objectifs visés.

En cette date anniversaire, et dans le but d’évaluer le chemin parcouru et donner une nouvelle impulsion à notre dynamique, il nous a paru important de faire un premier bilan de notre action.

Il est clair que sans un large rassemblement des forces patriotiques autour d’une plateforme d’action commune, dont l’Appel du 19 mars se veut la première pierre, aucune action militante efficace ayant pour but le changement radical et pacifique du système politique dans notre pays ne pourra être entreprise. Les 18 années vécues par notre pays dans un climat de violences politiques inouïes, ont profondément marqué la société et créé de larges fractures que le pouvoir en place, à travers sa police politique notamment, a contribué à susciter et à renforcer, obéissant en cela au vieil adage appliqué par tous les pouvoirs tyranniques : diviser pour régner. Dépasser les divisions pour aboutir à un large consensus autour d’un même objectif – la mise en place d’un Etat de droit – est une nécessité impérative, vitale même. C’est dans ce but que la coordination de l’Appel a jugé de la plus haute importance la mise en place d’un organe d’information sur Internet faisant également office de forum permanent où les patriotes désireux  d’œuvrer pour le changement puissent s’informer et se rencontrer pour débattre et faire des propositions concrètes, en toute démocratie et dans un climat serein et fraternel.

La naissance du Quotidien d’Algérie (LQA) a constitué de ce fait une étape essentielle dans la mise en œuvre du programme d’action de l’Appel. En quelques mois, une communauté d’Algériennes et d’Algériens, vivant au pays ou à l’étranger, unis par un même idéal, celui du changement pacifique pour une Algérie libre et démocratique, s’est constituée. Petit à petit, dépassant le langage de l’insulte et de l’exclusion que l’on retrouve malheureusement dans de nombreux forums similaires, faisant l’apprentissage concret de la démocratie véritable, celle de l’écoute de l’autre et de l’échange d’idées dans la sérénité et le respect mutuel, les intervenant(e)s sur LQA ont contribué par leurs articles et leurs nombreux commentaires d’un niveau élevé à constituer un vaste corpus d’idées représentatif de tous les courants et sensibilités qui traversent la société algérienne.

Parmi les sujets traités, les plus importants sont :

- Les voies et moyens du changement pacifique : En proclamant que « Nos moyens de lutte contre ce pouvoir illégitime seront exclusivement politiques, pacifiques et démocratiques. », l’Appel du 19 Mars 2009 s’est formellement inscrit dans une stratégie de non-violence, en tant que moyen de lutte pour un changement pacifique du système politique autoritaire, illégitime et corrompu en place dans notre pays, depuis son accession à l’Indépendance en 1962.

Un tel positionnement est la conséquence logique de l’idéal-même que nous poursuivons, à savoir, l’instauration en Algérie, d’Institutions politiques réellement et authentiquement démocratiques issues de la seule volonté souveraine du Peuple algérien, exprimée à travers le suffrage universel et entérinant formellement la séparation des pouvoirs, Législatif, Exécutif et Judiciaire.

Nous sommes fiers de faire le constat ici, qu’en à peine une année, la parole des citoyens algériens s’est largement affranchie et libérée de la peur et que de nombreuses initiatives citoyennes similaires aux nôtres ont vu le jour, amplifiant ainsi la contestation citoyenne partout à travers l’ensemble du territoire national, grâce à l’addition de nos moyens d’expression, si modestes soient-ils, en particulier grâce à ce merveilleux outil et support médiatique de l’expression, qu’est le réseau d’Internet.

Sur le front de la lutte des travailleurs pour la défense de leurs droits sociaux, tous secteurs confondus, mais en particulier dans le secteur public, comme par exemple dans la branche de l’Education nationale ou celle de la Santé, nous avons assisté ces derniers mois à des actions courageuses des syndicats autonomes dont le succès des grèves a réellement ébranlé l’arrogance des Administrations concernées et jeté le discrédit sur le syndicat organique et corrompu, aux ordres du pouvoir.

Ce sont autant de formes de lutte que nous soutenons pour affirmer sa pleine citoyenneté et arracher ses droits légitimes.

La contestation citoyenne d’un régime, moralement et matériellement corrompu, pour sa gestion  catastrophique du pays, doit s’élargir aujourd’hui à d’autres secteurs et comme l’a précisé la majorité des intervenants, de manière pacifique.

De nombreux compatriotes ont insisté sur la désobéissance civile, comme moyen de résistance au pouvoir en place, dans une seconde étape.

L’institution militaire : a fait l’objet d’un large débat. Considérée comme la détentrice du véritable pouvoir depuis l’indépendance, elle constitue avec la police politique (DRS), la colonne vertébrale du système politique algérien. Il ressort de ces débats qu’aujourd’hui et après la douloureuse expérience des années passées, il devient urgent de réconcilier notre armée avec son peuple qui est l’essence même de son existence et que l’institution doit-être comme toutes les autres institutions de la République sous l’autorité politique légitime. Réparer la relation armée-citoyens passe d’abord par la croyance et la certitude de servir avant tout l’Algérie et son peuple. En aucun cas l’institution  ne doit servir comme bouclier à une quelconque oligarchie ou clan, car la manière la plus sûre de préserver l’institution militaire est de lui éviter l’ingérence dans les luttes claniques ou politiciennes.

Tout comme la question des « services » a été longuement évoquée. Il en ressort des discussions que ces services de renseignement ont toujours joué le rôle de police politique, infiltrant toutes les structures politiques, économiques, sociales et administratives. Sa dissolution et son remplacement par des services de renseignement efficients, comme dans tous les Etats de droit, au service de la stabilité du pays et de la sécurité des citoyens, dans le strict respect de ses attributions et missions définies par les lois de la République est une nécessité.

L’opposition : Peut-on parler d’opposition dans un pays où tout est verrouillé ? Des discussions ont eu lieu sur le site à ce propos et l’impression générale qui s’en dégage est que cette opposition telle qu’elle existe, soit se confond avec le pouvoir, lui est acquise et sert de façade démocratique, soit est totalement muselée, bien que de temps en temps des voix s’élèvent ça et là et sont laissées s’exprimer pour ancrer l’idée qu’il y a une réelle opposition dans le pays.

L’opposition véritable est celle qui infléchit les décisions du pouvoir et l’amène à reconsidérer, sous la pression, ses décisions. Elle constitue un réel contre-pouvoir qui s’exerce par le biais de la mobilisation populaire. Tous font le même constat hélas ! Aucune opposition ne peut se targuer de ces prouesses. Et pour reprendre un compatriote, la véritable opposition est à construire ou à reconstruire.

Les langues et l’identité nationales : Se situant bien loin des clivages artificiels habituels, notre Appel revendique une identité raisonnée et solidement ancrée dans notre Histoire et notre culture, dans le respect de la diversité qui constitue une véritable richesse pour notre Nation.

Cette question a fait l’objet d’un large et chaud débat, avec parfois des excès. Le déni identitaire et l’instrumentalisation des fondements de notre Algérianité par le pouvoir illégitime ont, dans un premier temps, provoqué une réaction populaire légitime. Cette réaction a été à son tour instrumentalisée pour diviser les Algériens et créer des extrémismes violents. La majorité des intervenants se reconnait cependant dans son Algérianité pleine et indissociable, forgée par l’Histoire qui a résisté à la politique destructrice coloniale et qui résistera aux extrémismes minoritaires de tous bords.

Il en ressort que le renforcement de notre identité nationale, dans le cadre d’une lutte démocratique orientée vers le rétablissement de l’ordre citoyen, passe nécessairement par la conjugaison de toutes nos valeurs civilisationnelles, culturelles, religieuses, intellectuelles et politiques, avec notre sincère volonté d’instaurer un contrat social qui puise sa force dans la sagesse de l’union dans la différence et la diversité et un Etat qui fonde sa légitimité sur les choix authentiques du peuple. Pour mettre fin aux extrémismes au nom desquels se font ébranler jusque les fondements de la nation algérienne, le peuple algérien est tenu de récuser toutes les formes de crispation, notamment linguistiques et religieuses.

La démocratie en rapport avec nos valeurs civilisationnelles

La question de la démocratie et des valeurs qui la fondent par rapport à
notre héritage culturel et nos traditions a reçu un traitement étendu, sous forme d’articles et à travers de nombreux commentaires. L’Etat de droit, en tant que cadre d’expression de la souveraineté du peuple et garant des libertés individuelles, est considéré par tous les intervenants comme la seule alternative à même de sortir le pays du marasme qu’il connaît depuis plusieurs décennies. La compatibilité de la démocratie avec les valeurs islamiques a été clairement soulignée, de même que la nécessité de garantir les libertés d’opinion et de conscience. Les débats ont cependant montré que la laïcité reste un sujet controversé : entre les partisans d’une stricte séparation du champ politique et du champ religieux et ceux qui pensent que nos lois doivent être basées sur les principes islamiques, le débat a souvent été passionné et une plus grande clarification des thèses défendues par les uns et les autres est nécessaire afin de concilier les positions et élargir le consensus sur cette question.

- Le rôle des intellectuels

Cette question a été de tous les débats sur LQA montrant ainsi que les intellectuels sont la pierre angulaire de l’évolution d’une société. Or, en Algérie, ils semblent avoir renoncé à leur rôle laissant leur peuple dans le désarroi. « Le monde est dangereux à vivre! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal (généralement c’est une infime minorité), mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire (et Dieu sait qu’ils sont nombreux) ».

La logique de cette citation du célèbre savant Albert Einstein convient fort bien pour expliquer les déboires de l’Algérie tant il est vrai que la culpabilité évidente du pouvoir n’exclut nullement la responsabilité de la société algérienne, principalement sa frange savante « intellectuelle » ou « intelligentsia » peu importe le terme, du moment qu’il renvoie à celles et ceux qui sont sensés être à la fois sa conscience et son vivier. Oui, le pouvoir algérien est corrompu, oppressif, illégitime, assassin, etc., etc. Cela fait des années que de nombreuses voix le dénoncent et des doigts accusateurs sont pointés dans sa direction. L’ont-ils fait fléchir d’un iota? Ont-ils changé quelque chose à la condition misérable de notre peuple? Pour toute réponse, nous avons la situation exécrable des citoyens et l’image insultante qu’offre notre pays au reste du monde. Voyons les choses en face et demandons-nous à quel point nous en sommes responsables, ne serait-ce que d’avoir laissé faire ce pouvoir, qui non seulement a dépouillé les Algériens de leurs richesses, leurs valeurs et leur fierté, mais a aussi mis en péril l’avenir du pays et des générations futures.

Aujourd’hui, rien qu’à lire la presse sur la perversion en tous genres, on voit que le seuil de l’intolérable a été atteint et nul n’a le droit de fermer les yeux et de se taire. Les initiateurs de L’Appel du 19 mars ont brisé ce silence suicidaire, il y a exactement un an. Et un des objectifs de cet Appel est de rejoindre les « intellectuels algériens » où qu’ils se trouvent afin de les inciter à l’action pour le changement démocratique. S’il y a un bilan à faire un an après l’Appel sur cette question, et bien qu’il soit positif, il n’est pas satisfaisant pour autant. Celles et ceux qui ont adopté l’Appel et travaillé à son enrichissement ou à le faire connaître aurait souhaité qu’un nombre plus important de nos « intellectuels » sortent de leur silence et s’impliquent dans l’action politique pour accélérer la fin du régime de la dévastation de l’Algérie.

Cela dit, en une année d’existence et en dépit des énormes obstacles que rencontre la coordination en Algérie, l’Appel du 19 mars a réuni de nombreux Algériens dont les échanges et les contributions ont enrichi les débats faisant de LQA une tribune des plus engagées pour le changement démocratique en Algérie. Vivement les prochaines étapes qui verront se matérialiser le rassemblement de toutes les forces agissantes dans notre pays pour donner vie au Front du changement National.

Sur tous les sujets qui précèdent, ainsi que sur de nombreux autres thèmes qui ne peuvent être évoqués, faute de place, nous pouvons affirmer qu’un progrès sensible a été réalisé dans le rapprochement des positions des uns et des autres, à travers des débats francs et sincères d’où la langue de bois était bannie et où les seules limites imposées étaient celles de la courtoisie et de la bienséance.

En plus du travail de sensibilisation et de mobilisation des forces patriotiques autour de l’objectif du changement, LQA a également fait un effort continu d’information sur la vie quotidienne du pays, qui s’est caractérisée, notamment, par :

L’intensification du mouvement populaire : grèves dans les secteurs économiques, de l’éducation et de la santé ; soulèvements des populations des quartiers défavorisés d’Alger et dans d’autres villes contre la hogra, le mépris et l’injustice.

Dans un quotidien fait de paupérisation, de chômage, d’exclusion et de provocations, et à défaut de faire partie du lot des harragas, des milliers de jeunes et de moins jeunes se révoltent et se construisent une identité par « le pneu brûlé », un schéma que nous retrouvons y compris chez les étudiants et qui est devenu par la force des choses le seul moyen par lequel s’exprime ce peuple, toutes régions confondues, et toutes catégories confondues, et ce,  face à un pouvoir qui détient tous les moyens d’expression et qui reste extra national dans ses visions et ses démarches et anti national dans sa nature. Qu’il s’agisse d’attributions de logements arbitraires, de coupures d’eau intolérables, d’absence de transport, de résultats de concours truqués ou de  toute autre situation d’injustice flagrante subie par une population qui n’a rien pour se défendre, les émeutes restent le seul moyen d’expression de ceux qui n’ont ni syndicat ni représentant ni président pour les écouter encore moins les défendre. Le pouvoir est absent de la vie citoyenne, il ne s’exprime que pour réprimer et n’apparaît fortement que via ses troupes anti-émeutes.

Nous remarquons d’ailleurs que souvent lorsque tout un quartier se soulève, comme ce fût le cas à Diar Echems, tout le monde fédère et participe au soulèvement et à l’émeute, dans un mouvement vécu comme une révolte et un début de  libération, même les femmes s’associent. C’est une première qui démontre bien que nous sommes en présence d’un véritable mouvement social.

L’aggravation de la crise et de la lutte des clans au sommet de l’Etat et l’apparition au grand jour de graves affaires de corruption et de malversations ayant touché tous les secteurs d’activité, en particulier – fait d’une grande gravité pour la survie du pays – Sonatrach.

La dénonciation des atteintes aux droits de l’Homme en général et à ceux des travailleuses et travailleurs en particulier a également constitué un axe majeur dans l’effort mené par la coordination de l’Appel. Citons en particulier :

-     La lutte du Dr Fekhar : Militant des droits de l’homme de terrain, il sera la cible d’une vaste répression depuis l’année 2004. Emprisonné durant cinq mois après son arrestation le 1er novembre 2004, il fera l’objet de plusieurs procès iniques de la part d’une justice instrumentalisée. Il sera à nouveau arrêté le 15 juin  2009 et gardé à vue au commissariat central de Ghardaïa où il observera immédiatement une grève de la faim. Une odieuse cabale juridico-policière sera montée contre lui. Un vaste élan populaire entrainera sa libération. Il fera l’objet d’un nouveau procès en appel en décembre 2009 où il sera acquitté ainsi que ses compagnons, après que le collectif d’avocats aura démontré et démonté la grossière machination dont ils avaient fait l’objet. Un représentant de la coordination de l’Appel du 19 mars était présent au procès pour soutenir les victimes de l’arbitraire et la population de Ghardaïa, mobilisée pour cette cause juste. C’est sans conteste une grande victoire et la démonstration de la capacité de la mobilisation populaire à faire reculer les forces de l’oppression.

-   L’affaire du jeune Mohamed Baba Nadjar de Ghardaïa, condamné à mort puis à perpétuité pour l’assassinat d’un citoyen de la ville, crime qu’il nie de toutes ses forces : Un comité de soutien international a été mis en place pour sensibiliser l’opinion publique sur le cas de cet innocent qui croupit en prison pour un crime qu’il n’a pas commis. Les signataires de l’Appel font partie de ce comité de soutien et le coordinateur a assisté à ses deux procès (Ghardaïa 3 janvier 2009 et Médéa 27 mai 2009).

-     L’action du frère Yacine Zaïd : employé de la société Eurest, filiale de la multinationale Compass de Hassi Messaoud, il sera licencié pour avoir créé une section syndicale au sein de cette société en 2006 pour défendre les intérêts des travailleurs. Il sera non seulement licencié mais poursuivi en justice pour « diffamation ». En réalité il avait porté sur le web son cas et où il avait dénoncé les conditions de travail et d’hébergement des travailleurs de cette société. Il en est à près de 30 comparutions au niveau des tribunaux de Laghouat et de Hassi Messaoud. Ce courageux jeune syndicaliste a eu le mérite de lever le voile sur les conditions désastreuses des travailleurs du Sud. Les syndicats autonomes algériens et de nombreux syndicats étrangers lui ont apporté leur soutien.

-      La grève de la faim de notre courageuse sœur Meriem Mehdi : cette compatriote de 42 ans, originaire de Béjaïa et exerçant au sein de la multinationale British Gas de Hassi Messaoud comme coordinatrice d’administration et des opérations, avait été arbitrairement licenciée par cette dernière le 08 novembre 2009. Ayant épuisé toutes les procédures et devant le silence d’une administration censée défendre ses droits, elle optera pour une grève de la faim illimitée, pour porter sur la place publique son problème. Elle sera soutenue par de nombreux syndicats autonomes en Algérie et par des syndicats étrangers, tout comme par des journalistes et des militants des droits de l’homme. Là aussi, des membres de la coordination de l’Appel lui rendront visite régulièrement pour lui apporter leur soutien. Après plus de deux mois de grève de la faim et de nombreux problèmes de santé, elle finira par arracher ses droits. Son combat avait permis de dévoiler l’exploitation des travailleurs par certaines multinationales qui occupent  notre Eldorado saharien.

-      L’affaire du vaccin contre la grippe porcine : Cette affaire, qui dénonce à priori des organismes internationaux tels que l’OMS et les commissions de pharmacovigilances (formés de scientifiques reconnus), en mettant en évidence les conflits d’intérêts flagrants de scientifiques entretenus et payés par l’industrie pharmaceutique, nous interpelle d’abord et une fois de plus sur la nature du pouvoir illégitime corrompu et incompétent en Algérie, un pouvoir qui a continué à gérer un problème de santé publique par la logique des containers, allant jusqu’à révoquer les responsables qui ont refusé de signer des certificats de mise en circulation du vaccin, un pouvoir  en quête de légitimité qui est prêt à être le meilleur défenseur de toute la mafia internationale du médicament et tout ce qui peut générer le profit, l’argent facile et la fuite des capitaux en devises, un pouvoir qui contrôle la parole et la pensée y compris de son élite pseudo scientifique qui aurait pu, pour une fois, s’exprimer ne serait-ce que sur l’aspect technique de la question.

-       Le rappel de la responsabilité du pouvoir et des groupes armés dans les assassinats, les massacres, les cas de torture et de disparition, durant les années de sang et de larmes, ainsi que l’instrumentalisation du « terrorisme » d’une façon générale. Dans les débats, il a été maintes fois  rappelé l’attachement au devoir de vérité et de justice sans concession. Tout comme il a été affirmé le souhait de voir l’Etat de Droit de l’Algérie de demain  mettre en œuvre en toute sérénité et loin de tout esprit de vengeance les mécanismes nécessaires pour faire éclater la vérité et mettre fin à l’impunité.

Les intervenants sur LQA ont aussi dénoncé la dite « charte de réconciliation nationale ». Cette loi est considérée par beaucoup comme un sacrilège, ayant servi de monnaie de change pour la pérennité d’un système qui s’est engagé à protéger et à couvrir les auteurs de crimes contre l’humanité.

Parmi les actions concrètes menées par le collectif de l’Appel du 19 mars, il faut également citer deux initiatives d’une grande portée politique :

-       L’appel lancé par le Dr S.E. Sidhoum pour la constitution, en Algérie et à l’étranger, de comités qui auraient pour mission de réunir des données et des informations sur les fortunes constituées par les barons du régime grâce au pillage de l’économie nationale et d’envisager des actions judiciaires appropriées. Lire davantage

-       La lettre ouverte adressée au chef de l’Etat par notre frère Abdelkader Dehbi.

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La communauté qui s’est constituée autour de la coordination et de son organe d’information, LQA doit aujourd’hui passer à une étape supérieure dans l’action en :

-       exprimant et assumant clairement et consciemment son adhésion à l’Appel du 19 mars, ses principes, ses moyens d’action et ses buts. Leur enrichissement n’étant pas exclu. Des compatriotes ont émis le vœu de se constituer en comités de réflexion et d’action en Algérie et en exil. De nombreux étudiants se sont portés volontaires. Certains comités ont déjà vu le jour. Ils se proposent de sensibiliser et d’organiser les citoyens autour des idées de l’Appel, constituant le relais de la coordination avec la base populaire.

-       s’organisant, afin d’élargir le champ d’action et faire la jonction avec les autres forces vives qui œuvrent pour le changement pacifique et en intensifiant l’effort de communication en direction du peuple Algérien. Pour cela elle doit œuvrer :

  • A  la réalisation  du compromis ou accord politique historique, véritable charte éthique acceptée et respectée par tous. Pour cela des contacts ont été entrepris avec toutes les volontés engagées pour discuter de ce projet.
  • Au  rassemblement de toutes ces volontés sincères  au sein d’un Front du Changement National, un Front dont le but unique est le changement du système politique et l’instauration d’un Etat de Droit.

Conclusion :

Notre objectif est clair : sortir du système mis en place par ceux qui ont pris le pouvoir en 62 et qui ont dénié au peuple le droit de s’exprimer et de prendre sa destinée en main. Libérer le pays de la domination de cette oligarchie militaro-financière – qui a su s’adapter à toutes les situations depuis 62 – et redonner la parole au peuple dans toute sa diversité. Surtout ne pas refaire les mêmes erreurs.

Après 47 ans de gâchis national qui a abouti à une faillite sanglante, le peuple algérien aspire à un véritable changement et une rupture radicale avec les méthodes du passé. Un changement pour instaurer un Etat de Droit dans une Algérie de Justice, de liberté et de démocratie. Une Algérie ancrée dans ses valeurs civilisationnelles, qui reconnaitra tous ses enfants, sans exclusion aucune. Une Algérie qui permettra à l’intelligence de s’épanouir, au travailleur de prospérer et qui protégera les plus faibles en leur assurant le minimum vital. Une Algérie où chacun s’y sentira digne et fier, et travaillera avec ardeur pour améliorer sa situation  et, par delà, celle de sa patrie.

Que toutes les volontés sincères, ici en Algérie et dans notre chère diaspora, s’organisent. Que nos élites se réveillent et œuvrent à ce compromis ou accord politique historique et se rassemblent au sein du Front du Changement National en vue de la pleine réalisation des vœux de la Nation !

Que la jonction entre les élites résolues et engagées et le peuple, avec à sa tête les couches les mieux organisées et les plus conscientes (syndicats autonomes et étudiants), se réalise pour faire aboutir cette dynamique populaire pacifique du changement.

Engageons-nous résolument et avec confiance :

-       A restaurer l’espoir de chacun, en particulier la jeunesse, à  reconstruire un Etat démocratique dans lequel tous les Algériens se sentent réellement des citoyens à part entière, dans leur propre pays ; afin que le pouvoir soit de nouveau l’émanation du peuple, dans un climat social de libre adhésion à la volonté populaire et de réelle égalité devant la loi.

-       A rompre avec l’éternel retour des traumatismes des situations d’exceptions en s’extirpant de l’esprit de l’état d’urgence décidé par l’administration coloniale en avril 1955, et qui fait office de dogme politique jusqu’à nos jours. A la logique de continuité et d’extension de la dynamique coloniale doit succéder la volonté  de valoriser le potentiel de nos ressources tant sur le plan individuel que collectif.

-       A faire renaître en chaque  Algérienne et Algérien le sentiment d’appartenance à une communauté fraternelle, solidaire et indivisible, où chaque citoyen(ne) œuvre librement pour le bien commun.

-       A promouvoir un état d’esprit libéré du défaitisme et à combattre fermement toutes les dérives qui sont imposées à la jeunesse, en l’accompagnant et en la canalisant afin de lui permettre  de choisir ses propres voies.

Conjuguons nos efforts pour mettre fin à la dérive de notre Algérie et faisons en sorte que cette dynamique du changement démocratique soit la préoccupation de toutes et de tous.

Tout commence aujourd’hui….pour l’Algérie de demain.

Coordination de l’Appel du 19 mars 2009

Alger le 19 mars 2010 LQA

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 Urgent: Radio Kalima censurée EN ALGERIE
Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 803 il y a ... jours 18.03.2010 13:19:40

 


Depuis la matinée du mardi 16 mars, le site radio kalima Algerie est devenu inaccessible pour de nombreuses régions en Algérie, notamment les centres urbains. A la maison de la presse Tahar Djaout à Alger, la connexion était impossible l’après midi et la soirée de mardi, mais ô miracle, les journalistes pouvaient à nouveau se connecter le mercredi en fin de matinée. Dans d’autres quartiers de la capitale, comme El-Mouradia, Hydra, El-Biar, les citoyens ne peuvent toujours pas accéder à notre site depuis mardi matin. C’est également le cas pour d’autres villes à l’intérieur du pays.

Nous avons demandé à nos compatriotes qui nous ont contacté d’utiliser des proxy pour vérifier s’il s’agissait bien d’une censure. Et là ça a marché. Les autorités algériennes sont donc en train de placer des filtres pour interdire aux Algériens d’accéder aux sites internet d’informations qui visiblement ne conviennent pas à ces mêmes autorités. Et de toute évidence, Radio Kalima, ne leur convient pas. Au delà de notre cas, c’est la problématique de la censure qui se pose. Comment accepter que des barbouzes, plus habiles à jouer du revolver et des ciseaux que de la plume, puissent décider de priver les algériens de l’accès à des sites d’information sur internet. Fort de leur inculture, les voila qu’ils retiennent en otage tout un peuple dans leur propre ignorance et décident de ce que les Algériens peuvent lire ou écouter.

Que craignent ils donc ? Que nous ne dévoilions leurs pratiques de rapines ? Que les Algériens se rendent comptent que ceux qui les gouvernent n’ont pas pour principale préoccupation les intérêts de l’Algérie mais le pillage de ses richesses ?

 

">http://www.kalimadz.com/fr/">
Yahia Bounouar RADIO KALIMA

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 اين هي كرامة العامل الجزائري
Ajouté par:yacine-zaid yacine Zaid Yacine Zaid il y a 808 jours 13.03.2010 23:12:35

 

 

بسم الله الرحمن الرحيم

الحمد لله رب العالمين

والصلاة السلام على النبي الكريم محمد بن عبد الله صلى الله عليه وسلم

السلام عليكم ورحمة الله وبركاته

السلام على الأحبة الكـــــــــــرام

السلام من شغاف، شغاف القلوب

من عبد القادر حشاشنة بن سليمان إلى الأخ الفاضل ياسين زيد إليك القضية مفصلة حيث كنت أول من وقع عقد عمل من أبناء المنطقة محدد المدة مع شركة بتروجت المصرية فقد كانت مدته ثلاث أشهر من 23/09/2009 إلى 22/12/2009، العقد الثاني من 23/12/2010 إلى 22/01/2010، والثالث من 23/01/2010 إلى 22/02/201 كل منهما لمدة شهر أي العقد الثاني والثالث وهذا ما يخالف القوانين الجزائرية حيث مدة العقد هي نفسها المدة التجريبية شهر واحد وهذا ما يخالف القانون، العقود الثلاثة في مهنة مندوب بريد، إلا أني كنت أقوم بمهام متعددة في الإدارة حيث كنت قد تخرجت من مركز التكوين المهني بحاسي الرمل الأول على الدفعة في اختصاص عامل على الحاسوب وكنت أقوم بالأعمال الموكلة إلى بشكل جيد خصوصا بالأمور التي تتعلق بالحاسوب ولو سألت سكان المنطقة عني لأكدوا ذلك إلى أن بدأت تظهر بعض القلاقل نتيجة اعتراضي عن الإساءات و الإهانات التي كنت أتعرض لها وهذا هو التصرف الصحيح لكل رجل ذو كرامة و شرف لأنهم تعودا على طريقة الاستعلاء والنظرة الفوقية للأمور وهذا ما لا ينطبق علي شخصيا حتى ولو كان البعض من الناس يستصيغ ذلك

فقد أمعنوا في إذلالي وإهانتي وبقيت إلى آخر لحظة حتى كان قرار الفصل صادر منهم لأنهم كانوا يضنون أني سأستسلم لهم لأن استسلامي هو فتح المجال في إهانة الجزائريين غير القادرين على الرد لأني كنت بالنسبة لهم بمثابة الشوكة في الحلق أو كالجمرة لا هم رموها ولا هم أمسكوها، حتى استسلموا لقرار التصفية بمجرد نهاية العقد بالرغم أني صاحب الفضل على الشركة حيث كنت القائم على أعمالها قبل انطلاق المشروع حتى آخر لحظة، ويعود هذا لحظهم العثر لأنهم تعاملوا معي بهذه الطريقة المشينة لأنهم استخفوا بي ظننا منهم أني لا أستطيع أن أفعل شيء خصوصا أني شخص متخلق معهم وهذا ما جعلهم يطمئنون على أن يكون ردي هو السكوت متناسين ما معي من وثائق تدينهم و تظهروا الانتهاك الصارخ لقوانين الدولة الجزائرية و طرحها جانبا ليطبقوا أهواهم وهذا لا يعكس إلا تلك الداهية الكبرى التي ستجر مجموعة من الإدارات و المسئولين الجزائريين الذين تستروا بل وتواطئوا على هذه الخروقات وغيرها بالرغم أن الشركة متواجدة على الأراضي الجزائرية منذ 2006، فمنذ ذلك الحين لم يتم اكتشاف أمرهم، فهذا يطرح سؤالا، أين الكرامة أين الشرف أين الأنفة، يهان الجزائري والقانون الجزائري على مرأى ومسمع ممن وضعت الجزائر فيهم ثقتها؟ فهذه مجموعة من الأسباب التي جعلتني أنتفض على الحال الذي عشته على امتداد خمسة أشهر وهو الجحيم المقيم الذي لا أتمناه لذي كرامة

تهديدي بإنهاء العلاقة التعاقدية بمجرد الاستفسار على بعض النقاط غير المطبقة رفع الصوت علي بشكل مهين، شتمي وسبي، تهديدي بالضرب وقالوا أنهم سينتهون من هذا المشروع ليستلموا غيره وغيره ولن أعمل معهم وكأني على غير أرض الجزائر فإنها والله أساليب استعمارية لا شك ولا ريب فيها فحسبنا الله ونعم الوكيل

فقد طردت من الشركة وأنا هائم على وجهي حيث خذلني من حولي من عمال نتيجة تخليهم عني لم أستغرب حينها لأنه لا يعكس سوى جهلهم و خوفهم على مناصبهم واستكانتهم للأجنبي حيث كانوا يضربوننا ببعضنا البعض فلم أجد سوى الله سبحانه وتعالى ثم الإعلام لأكتب مقال في جريدة الشروق اليومي بتاريخ 27/02/2010 يشرح الوضع حينها اختلط الحابل بالنابل في كل من الشركة ومفتشية العمل وأعلنت حالة الطوارئ في كل معسكرات الشركة على امتداد خط الأنابيب الرابط بين حاسي الرمل وسكيكدة لتفادي ردود الفعل السلبية حيث بمقالي هذا فتحت المجال لكثير من العمال في هذه المعسكرات ليرسل عمال معسكر بومقر مقالا في اليوم الموالي يشرح وضعهم المزري فتشيع حالة من الهيستيريا غير المسبوقة في أوساط مسئولي الشركة ونتيجة للمقال الذي نشرته هرول إلى بيتي فريق من مفتشية العمل التابع لحاسي الرمل مكون من مفتش رئيسي ومفتش مساعد و النائب الأول للمجلس الشعبي البلدي لبلدية حاسي الدلاعة وكان هذا لليوم الموالي لنشري للمقال حيث لاموني كيف لم أتصل بهم وأنهم لأول مرة يزوروا عامل في بيته؟!!! في رأيك أستاذي ياسين لو لا الرعب والخوف الذي ملأ قلوبهم نتيجة تواطئهم الظاهر، هل سيأتونني؟

قالوا لما لم تأتينا ونحل مشكلتك؟!!! غريب والله منذ متى وأنتم تحلون المشاكل وأنتم سبب لهذه المشاكل وتلك، في الحقيقة ينطبق عليهم المثل القائل " شر البلية ما يضحك" لأن الإنسان من هول المصيبة يضحك في موضع البكاء ويبكي في موضع الضحك

على أية حال أخذوا تقريرا على الوضعية من كلى الأطراف مني من العمال من مسئولي الشركة مع ذلك فأنا لست واثق من نتيجة التقرير لا من قريب ولا من بعيد لأن كل من الشركة و مفتشية العمل على توافق على حسابي وحساب الشرفاء الرافضون للركوع والخضوع لأني لو ركعت كما ركع البعض لما حدث ما حدث فالركوع و السجود لله وحده سبحانه وتعالى

سلموني استدعاء من طرف رئيس مكتب المصالحة المزعوم التابع لذات المفتشية مؤرخ بتاريخ 03/03/2010 وكذلك مسئول شركة بتروجت سلم هو الآخر استدعاء بنفس التاريخ لنلتقي ونجلس جلسة عدت الأطول على الإطلاق في تاريخ مفتشية العمل منذ تأسيسها فقد مكثنا في نقاش حاد دام لأكثر من 06 ساعات متواصلة حيث تمخض هذا النقاش أن طلب مني كتابة مقال في جريدة الشروق اليومي لتكذيب المقال السابق في حال رغبتي في الرجوع إلى منصب عملي مع تغيير المعسكر مطبقين شروطهم فقط وكأني أنا الجاني

ماذا لو لم أريد العودة إلى عملي؟

بالفعل أنا لا أريد أن أعمل معهم ثانية

المطلوب وهو تعويضي على كرامتي المسلوبة

فقد وعدتهم بكتابة مقال في جريدة الشروق اليومي لأتنازل وأعتذر وأكذب ما قلت، فرأيت أخي ياسين الفرحة بالدية على وجوه الجميع من ممثلي مفتشية العمل وممثل الشركة المشئومة وكنت أقصد من ذلك جسهم فقط

فقد خرج على صفحة الشروق اليومي بتاريخ 05/03/2010 المقال الموعود من كل الأطراف فقد كان وقعه على قلوبهم كالصاعقة حيث لم يجدوا فيه ما توقعوا فقد كتبت مقالا بعدم الاعتذار، لماذا؟ ببساطة أخي ياسين هل يصلح أن يكذب المرء على نفسه؟ لا والله فأنا جزائري ابن جزائري لا ينطبق علي هذا كما أسلفت الذكر وإن كان ينطبق على البعض

ولا زلت وراء هذه الشركة فضحا إياها في كل المحافل الداخلية والخارجية حتى أحصل على تعويض وكم يساوي هذا التعويض مقابل الكرامة؟ فكرامتي أغلى مما تحويه أرصدة هذه الشركة إذا كان البعض قد فرط في الكرامة، أعوذ بالله أخي ياسين أن نكون منهم

إليك أخي الحبيب بعض التجاوزات التي تحدث وحدثت وهي حادثة الآن لحظة عكوفي على هذا التقرير

مستندات أختامها مخالفة للقوانين الجزائرية

عدم تطبيق بنود العقد الذي أمضيته معهم

الراتب لم تصلني القيمة التي اتفقنا عليها

الساعات الإضافية لم تحسب في كشف الراتب

عدد أيام العمل أكثر مما هو في العقد

إشاعة الطبقية بين الناس

بعض ذلك موضح في النماذج التي سلمتها لك وما تبقى من أدلة وشهادات ستستغل في رفع دعوى قضائية على الشركة والله على ما نقول شهيد

السيرة الذاتية



الإسم : عبد القادر

اللقب: حشاشنة

تاريخ و مكان الميلاد: 02/11/1983 بلدية حاسي الدلاعة ولاية الأغواط

الحالة العائلية: متزوج

الجنسية: جزائري

الوضعية تجاه الخدمة الوطنية: معفي

المستوى الدراسي: الثالثة ثانوي

العنوان: بلدية حاسي الدلاعة دائرة حاسي الرمل ولاية الأغواط

الفاكس: 029.98.07.47

الهاتف النقال: 0550454356 0669819984

البريد الإلكتروني: hechachna@maktoob.com

الدبلــــــــــوم:

عامل على الحاسب الآلي من مركز التكوين المهني حاسي الرمل

كهرباء عمارات

خبير في اللغة إنجليزية جامعة كامبريدج المستوى النهائي

دبلوم في إدارة الوقت من عضو مجلس التعليم البريطاني مع المدربة عائشة لزنك

المستوى الأول لدبلوم البرمجة اللغوية العصبية من عضو مجلس التعليم البريطاني مع المدرب الدولي إبراهيم جعمات

المستوى الأول لدبلوم البرمجة اللغوية العصبية من عضو مجلس التعليم البريطاني مع المدربة الدولية نادية أمال شرقي

المستوى الأول لدبلوم البرمجة اللغوية العصبية من عضو مجلس التعليم البريطاني مع المدرب الدولي جمال الدين شرقي

الخبــــــــــرة :

أكثر من عشر سنوات خبرة بين اللغة الإنجليزية والحاسب الآلي بشركات أجنبية ووطنية وخاصة

صيانة وتركيب أجهزة الحاسب الآلي بأنواعها

إدارة مقهى إلكتروني

إدارة موقع إلكتروني بشركة ILLAFTrain البريطانية

مندوب إلكتروني لأكاديمية الفرحة الإماراتية البريطانية عن دول المغرب العربي الكبير ( حاليا ) عمل إفتراضي عبر الإنترنت

مندوب بريد لبتروجت المصرية بالجزائر ( سابقا ) عمل مباشر

اللغــــــــــات:

العربية : ممتاز

الإنجليزية : ممتاز

الفرنسية : ضعيف

ملاحظة :

بحوزتي مجموعة من الاختراعات والابتكارات بحاجة لبراءة اختراع، عبارة عن برامج حاسب آلي

في مجال المال والأعمال البنوك الاتصالات السلكية واللاسلكية .

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